Ne trahissez pas votre promesse.
 
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 Morsure

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Morsure
Comité du peuple pour nous trouver un autre démon
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MessageSujet: Morsure   Dim 18 Mai - 18:24

Ce "Surnom" d'où vient-il :



Zoïa Tjo (amie d’enfance)
:

L’été, quand il faisait chaud, la plupart des filles accompagnaient les mecs à la pêche le long de la rivière, mais Morsure prenait la direction opposée.
Il fallait voir ça. Morsure se mettait en route de bon matin et filait droit dans le désert, et là, elle s’allongeait sur le flanc, et son bras disparaissait jusqu’au coude dans n’importe quel trou infect. La première bestiole venue, scorpion ou serpent ou chien de prairie, peu importe, Morsure plongeait la main à l’aveuglette dans le tunnel obscur, sous la terre, espérant toujours le pire.
Depuis ce matin de Pâques où la veuve noire l’avait mordu sans la tuer, Morsure s’était mis en tête de chasser tout ce qui pouvait l’être.
« J’ai été vaccinée contre la rougeole et la diphtérie, disait-elle toujours. Une morsure de crotale, c’est mon vaccin contre l’ennui »
Une morsure de mocassin d’eau, elle appelait ça « mon vaccin contre les corvées à faire ».

Les crotales, une fois sur deux, oubliaient de balancer la sauce. Et selon les bouquins, disait-elle, les serpents à sonnette ont réellement peur de nous, en fait. Un être humain, c’est un gros dégagement de chaleur, voilà tout ce que sait le crotale. Quelque chose d’énorme et de chaud surgit brusquement, et tout ce qu’un serpent peut faire, c’est déplier ses crocs érectiles et – kahhhhhhpow – les planter dans ton bras.
Rien ne la mettait plus en rogne qu’une morsure à sec. La douleur, mais pas le poison. La piqûre, mais pas le remède. Toutes ces marques par paire qui lui montaient sur les bras, lui encerclaient les tibias, mais sans inflammation,. Autant de morsures à sec.
Au lieu d’aller draguouiller à la pêche, Morsure sortait par la porte de derrière, passait devant le fût où l’on brûlait les ordures, devant la remise à machines, et s’éloignait au milieu des champs loués pour la luzerne, avec les arroseurs qui envoient des jets d’eau – tac-tac-tac – dans le ciel brûlant. Après les champs de luzerne, c’était l’horizon d’oliviers tout échevelés, avec leurs longues feuilles argentées.
Au-delà, un horizon de betteraves à sucre. Et après les betteraves à sucre, encore un autre horizon. Et au-delà, une clôture de barbelés devenue opaque, avec des boules de broussaille sèche essayant de la traverser. Et puis encore un autre horizon. A trois horizons de la porte, derrière leur maison, on se trouvait dans le désert. Et tout ce trajet pour chercher la morsure des animaux, Morsure l’appelait « aller à la pêche », moi j’appelais ça "aller à la Morsure", et c’est resté.


Dernière édition par Morsure le Jeu 26 Juin - 11:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Morsure   Dim 18 Mai - 18:38

Age :
29

Profession:
éthologue… taxidermiste

Bagage :


-type :
Une grande valise 1560 Townhouse,
Incassable, étanche à l'eau, à la poussière, résistant aux produits chimiques et à la corrosion. La valise 1560 est fabriquée dans un polypropylène de copolymère qui la rend virtuellement indestructible et résistante à la corrosion. Elle est scellée à l’aide d’un joint torique en mousse polymère et comprend une valve automatique de répartition de la pression qui garantit la parfaite étanchéité de la valise à l’eau. Ses fermetures à double action permettent une ouverture aisée tout en conservant la force nécessaire pour la maintenir fermée si on la laissait tomber ou si elle recevait des chocs. La 1560 est équipée de roulettes de polyuréthane extrêmement résistantes avec roulements à billes et d’une poignée extensible munie d’un verrou de déblocage qui en facilite le transport. Ses anses avant et latérales en cuir en font une valise d’un très grand confort. Garantie inconditionnelle... pour toujours. Poids (vide) : 6.9 kg . Dimensions ext : L 90,01 cm x P 70.52 cm x H 60.44cm . Dimensions int : L 88.79 cm x P 67.17 cm x H 58.86cm . Epaisseur couvercle: 5.08 cm . VOL 120 litres Températures Minimum : -23°C / + 99°C

-forme :

rectangulaire rigide et noire recouverte de cuir vernis de crocodile

-contenu :

Une garde robe de luxe très sobre style garçonne pliée soigneusement, ne comportant que des pantalons gris, mouchetés et noirs, des chemisiers blancs, noirs et gris, des bas, une paire de bottes montante en cuir noir, talon 7 cm, une paire de bottine Caterpillar qui a bien vécue. Une tenue de chasse. Un manteau de fourrure mi-long en ermine pale, fait maison…..

Ses affaires de toilettes et sa palette Shiseido cachées dans un vieil ours en peluche-cache-pyjama maintes fois recousu. Sur lequel est brodé
" naughty girl"

3 cartouches de Craven A sans filtre,
une pipe d’écume culottée rouge foncé de Cappadoce pour le plaisir,
un porte pipe en bois de noyer,
un étui à tabac en agneau glacé noir,
un hygromètre,
un cure pipes en argent ciselé

- dague de chasse double tranchant manche en bois de cerf


Une trousse de taxidermie dont elle ne se sépare jamais, contenant :
  • scalpel,
    lames,
    petit et grand ciseaux,
    sonde cannelée,
    pince à écharde,
    pince dissection,
    aiguille montée sur manche,
    aiguille lancéolée,


Une pochette de gants en latex.

Quelques paires d’yeux émaillés à pupilles rondes et fendues pour mammifères en Cristal de Bohême.

3 appeaux de petit gibier, et deux de renard avec cri du lapin et de la souris.

Des flacons divers pour satisfaire son talent

  • Alun de potasse,
    dégraissant pour peau,
    ouate à bourrer,
    sciure de séchage,
    1 kg de pate à modeler,
    anticryptogamique incorporé au bain de tannage, pour éviter que celui-ci se dégrade et stopper la putréfaction ou la chute de poils qui pourrait commencer sur des sujets échauffés. S’utilise à raison de 1% par rapport au bain….,
    epoxy en stick,
    spay lustrant,
    super colle 20g,
    huile pour cuir,
    mastic polyester,
    pigments organiques,
    fécule de pomme de terre,
    tannant pour mammifères,
    produit pour traiter les oiseaux.


Un nécessaire d’écriture dont une écritoire en cuir Lucrin,
un Stylo plume Diamond Rain signé ST Dupont et son lot de cartouches d’encre bleu royal de recharge.

Un carnet de croquis et une boite de sanguine.

Deux paquets format familial de fraises Tagada

Un manuscrit acheté dans une célèbre salle des ventes parisienne et 4 autres livres scientifiques et son roman fétiche:

Mondes animaux et monde humain suivi de La théorie de la signification de Jakob Johann von Uexküll

Les fondements de l’éthologie et Über tierisches und menschliches Verhalten. Aus dem Werdegang der Verhaltenslehre VOL I et II de Konrad Lorenz

Le Nouveau manuel complet du naturaliste préparateur, 1ere et 2° partie :
taxidermie, préparations des pièces anatomiques contenant :
l'art d'empailler et de conserver les animaux vertébrés et invertébrés;
de préparer les végétaux et les minéraux; de faire les préparations anatomiques;
de conserver les cadavres temporairement ou définitivement

Manuscrit trouvé à Saragosse
, de Potocki .


Dernière édition par Morsure le Lun 19 Mai - 19:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Morsure   Dim 18 Mai - 20:47


Physionomie:

Mérès Templace (amant régulier de Morsure ):


90
60
90
1 mètre 75 de chair ferme et soyeuse couleur caramel quand elle file encore au soleil....
Tant qu’elle ne relève pas ses manches,
t’as sous le nez la plus belle pépée que je connaisse dans ce monde de crevards.




Caractère:


Fang dit le fou du pneu lisse (routier):

N’allez pas voir Morsure comme une espèce de sérial-killeuse obsédée par la nature – les araignées, les puces, les souris et les abeilles –, et en même temps, c’est une idée qui pourrait tenir la route.

Ce que vous fuyez avec tant d'ardeur:

Zoïa Tjo (amie d'enfance):


La peur, moi je dirais la peur, sa propre peur et son point final, son mobile oui, ce qui fait que tout s'arrête, la dernière morsure.
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MessageSujet: Re: Morsure   Dim 18 Mai - 21:22

Quel mot avez vous laissé avant de tout quitter:


« Certaines personnes sont nées humaines. Nous, ça prend toute une vie pour qu’on y arrive. »



-où l'avez-vous laissé


Zoïa (etc) :

Devant ma porte, il y a un mois avant qu’elle parte pour la France. C’était comme un bébé abandonné devant ma porte. Dans un petit berceau et puis c’était plein de papier kraft à l’intérieur. Et quand je l’ai déballé….


- sur quel type de support


La même:

C’était gravé sur le socle en bois précieux où se dressait une chouette hulotte empaillée les ailes déployées qu’elle avait fait rien que pour moi

- à qui l'avez-vous adressé

La même :
Ben je vous l’ai dis c’est à moi, Zoïa Tjo qu’elle l’a adressé, j’ai même pas eut le temps de la remercier.
Et je suis pas sure d'avoir bien compris le message…

Portrait familial:

Zoïa Tjo (amie d’enfance):

Je sais bien que c’est moi la personne la plus proche d’elle mais je préfère pas m’aventurer sur ce genre de terrain, il vaudrait mieux lui demander à elle quand elle reviendra de sa retraite, sinon je crois que je pourrais dire quelques conneries qui lui plairaient pas.


Portrait que votre famille ferait de vous:


Irena (mère de Morsure) :


Le coup des fourmis de feu aurait dû nous alarmer. Elle ne rentrait jamais à la maison sans les mains et les pieds tout rouges, couverts de morsures de fourmis.
Et c’est tellement douloureux que la plupart des gosses en auraient pleuré, normalement, mais elle s’en souciait comme d’un vague coup de soleil.

Zoïa Tjo (amie d’enfance de Morsure) :

Ses parents n’en ont jamais su le quart. A l’école, quelquefois, Morsure roulait sa manche de chemise et faisait le compte :
fourmis rouges, araignée vagabonde, scorpion.
« Mes derniers vaccins », disait-elle.
Pendant toute la troisième, Morsure a demandé à ne pas participer aux tournois de gym du vendredi contre les premières, pour cause de morsure de serpent. Et pendant qu’on se prenait une pâtée maison, elle ôtait sa chaussette de sport pour montrer à l’entraineur un pied énorme et tout rouge.
Des deux trous contigus suintait un liquide transparent que l’on aurait bien pris pour du venin.
Elle et moi savions que c’était son vaccin contre un tournoi de gym.

Pour Morsure, la douleur était un horizon.
Le poison, l’horizon suivant.
Et la maladie n’était rien que le dernier horizon, bien au-delà.

Extrait des carnets de Klaus Troff (historien et ami de Morsure) :

La veuve noire ne se révèle mortelle que dans environ 5% des cas. Une heure après la morsure, la neurotoxine appelée a-latrotoxine se répand dans le système lymphatique de la victime. Les muscles du ventre se contractent, l’abdomen se rigidifie jusqu’à devenir semblable à une planche à laver.
Des vomissements peuvent survenir, et une sudation extrême.
Un autre symptôme habituel est un accès de priapisme, réaction physiologique au dysfonctionnement de l’érection. Et chez les femmes… une stimulation hormonale parfaitement excessive et stupéfiante, une hausse brutale de dopamine poussant à l’exercice d’une masturbation excessive dans le meilleur des cas…
Sexe et venin se sont totalement mêlés dans sa psyché d’enfant.

Mérès Templace (amant régulier de Morsure) :

C’est ça, le secret de la passion de Morsure pour les serpents. Même en ville, il fallait qu’elle déniche une veuve noire ou une araignée violoniste avant de pouvoir faire quelque chose au pieu. C’était son « coup de fouet », comme elle disait.
Je ne conseille à personne d’essayer à la maison, je l’ai fait qu’une fois, mais le résultat sur un mec c’est une queue qui reste raide pendant des heures. Raide et grosse comme levier de vitesse, et toujours prête à servir. Un petit coup de gluconate de calcium, et tout rentre dans l’ordre. Pour les femmes, par contre, je peux vous dire qu’il n’y a pas de remède assez puissant pour la faire redescendre….

Inspecteur Jocrice Dédant. (ennemi d’enfance) :

La seule raison pour laquelle Mademoiselle Piquouse se faisait mordre, c’était la défonce. Le poison c’est qu’une drogue comme les autres, dont on peut abuser. Une autre manière de planer. En tant que représentant de la Loi, je peux vous dire qu’une junkie vraiment accro est différente des autres gens. Attendez la fin de l’histoire : vous serez pas mal choqué de voir ce que Morsure a fait pour se défoncer, et le rester en permanence.

Docteur Jemen Moc (médecin généraliste) :

Cette petite imbécile, toute gamine, présentait des symptômes avant même de se donner la peine de dire à ses parents qu’elle s’était fait mordre. Le virus de la rage se transmet par la salive d’un animal infecté. La moindre morsure, le moindre léchage, même un éternuement peut transmettre la maladie. Une fois que vous êtes contaminé, le virus s’étend dans votre système nerveux central, remontant par la moelle épinière jusqu’au cerveau où il prolifère. Le premier stade est appelé « phase d’éclipse », car aucun symptôme ne se manifeste. On peut être contagieux à mort tout en paraissant et en se sentant parfaitement normal.
Cette phase d’éclipse peut durer de deux à trois jours à des années. Et durant cette période, vous risquez d’infecter tout le monde avec votre salive.


Jack (pas The Ripper mais le géniteur de Morsure) :


Pour avoir un billet d’avion aller-retour à 50 euros et même pas en stand-by, déjà, il faut s’évader d’un asile de fous. Ensuite, il faut traverser le pays en stop, vêtu de chaussons en plastique et d’une combinaison en papier fermée dans le dos, et qui s’ouvre tout le temps. Il faut arriver une demi-seconde trop tard pour empêcher un pédophile récidiviste de violer votre femme. Et votre mère. Résultat du viol, il faut élever une fille qui collectionne des charretées de vieilles dents jaunies. Après le collège, la gamine partira. Pour rejoindre une espèce de secte qui ne vit que la nuit. Elle bousillera 50 fois sa bagnole et trainera avec une espèce de prostituée pas vraiment prostituée, ce genre.
En route, votre gamine devra déclencher une épidémie qui fera des milliers de victimes, assez pour instaurer la loi martiale et menacer de renverser les dirigeants mondiaux. Et pour finir, elle devra mourir dans un brasier infernal, terrifiant, sous les regards du monde entier, à la télévision.
C’est aussi simple que ça.
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MessageSujet: Re: Morsure   Lun 19 Mai - 13:19


Manie(s), tic(s), maladie(s), phobie(s), obsession(s), antécédent(s):

Etoiles factices


Fang dit le fou du pneu lisse (routier):


Quand Morsure a commencé à dormir dans un vrai lit, même avant qu’elle aille à l’école maternelle, sa mère la couchait chaque jour quand la petite aiguille de l’horloge de la cuisine indiquait deux, et la relevait quand elle indiquait trois. Qu’elle ait sommeil ou pas, Morsure devait rester au lit dans sa chambre mansardée, avec ses oreillers appuyés au mur.
Elle serrait contre elle un ours en peluche qu’elle appelait « Lapin »
Imaginez cet instant où votre maman, votre papa vous ont vu, pour la première fois, comme autre chose qu’une version miniaturisée d’eux-mêmes, et si mignonne.
Eux en mieux.
Mieux éduquée.
Innocente.
Imaginez l’instant ou vous avez cessé d’être leur rêve incarné.


Quand le soleil brillait et que Morsure entendait les chiens aboyer dehors, elle disait :
« Lapin a envie d’aller jouer… »

Quand elle n’était pas fatiguée, Morsure disait :
« Mais lapin n’a pas sommeil… »


Robert Trap (voisin d’enfance)

Nous qui avons été en classe avec sa mère, nous savons que Morsure a failli ne pas naître. Irena n’avait que 13 ans quand Jack est sorti avec elle, et 14 quand le bébé s’est annoncé. Pour être honnête, Irena n’était pas trop ravie d’être la seule fille à avoir des vergetures et à allaiter en troisième.



Fang dit le fou du pneu lisse (routier):


Irena se penchait et posait les lèvres sur le front de Morsure. Assise au bord du lit, elle agitait un doigt en direction de l’ours en peluche
et disait :
« On a quand même besoin de faire un petit dodo. »
Et aussi :
« On va compter les étoiles jusqu’à ce que le sommeil vienne »
Et elle faisait compter avec elle, 1, 2… elles comptaient les autocollants posés au plafond. 4, 5, 6, et puis elle s’éloignait et sortait de la chambre à reculons, et refermait la porte.
Et pendant une heure, toute seule, les yeux levés vers le plafond sans s’arrêter sur rien en particulier, Morsure explorait d’un doigt un univers chaud et profond, à l’intérieur de sa tête. Tous les jours à 2 heures, Morsure, allongée, se curait le nez.

Si, si… c’est plus que vrai, elle me l'a répété cette histoire de constellations, plein de fois
et cela explique beaucoup de choses selon moi pour la suite des évènements.

Elle allait chercher des filets de morve et les faisait rouler entre ses doigts jusqu’à en faire des petites boules noires. Et chaque petite boule noire, elle la collait sur le mur au dessus de son oreiller, où la peinture blanche était parsemée de petits pâtés sombres. Moulurée de boules noircies tout aplaties, imprimée de boucles et de spirales qui étaient les traces de doigt de la petite Morsure, mille fois reproduites.

Les souvenirs rapportés de ses explorations à l’intérieur de sa tête.

Le portrait toujours répété de l’index de sa main droite.
Cet arc-en ciel de taches sombres, cette arche de croutes noires s’étendait de plus en plus haut et de plus en plus large à mesure que la bras de la petite fille grandissait. Au plus proche de son oreiller, ce n’étaient plus que des petites crottes desséchées, des témoignages poussiéreux de son tout jeune âge. Une centaine de siestes plus tard, les boulettes avaient pris la taille de raisins secs, et s’étalaient aussi haut, aussi loin que le bras de Morsure pouvait porter, couchée sur le dos, la tête appuyée à l’oreiller.
Le plafond de sa chambre, Irena, sa mère, l’avait couvert d’autocollants en forme d’étoiles, qui devenaient d’un vert phosphorescent quand on éteignait la lumière.

Le mur à la tête du lit de Morsure était un ciel nocturne en négatif.
Les crottes noires y dessinaient leurs propres constellations.

Jusqu’à ce jour là, Morsure n’avait fait aucune différence entre les deux.



Robert Trap (voisin d’enfance)


Si vous savez garder un secret, je vous dirai que la première vie que cette dingue de Morsure a brisée, c’est celle d’Irena.
Le premier avenir radieux qu’elle a détruit, c’était celui de sa propre mère.



Fang dit le fou du pneu lisse (routier):


Cette heure précise, 14 heures, où Morsure a cessé d’être un ange, sa mère la bordait pour sa sieste. Penchée sur l’oreiller, elle a embrassé sa petite Morsure en lui souhaitant de faire de beaux rêves. Son visage tout rond s’est enfoncé dans l’oreiller.
Ses longs cils se sont abaissés sur ses joues roses.

Regardez des vieilles photos :
Irena est ravissante. Pas seulement jeune, mais jolie comme on l’est quand le visage se lisse, la détente se lit sur la peau même autour des yeux et des lèvres, comme quand on aime d’amour celui qui prend la photo.
La mère de Morsure, alors, c’est une jeune maman ravissante, un frôlement de lèvres douces contre son oreille.
C’est une haleine, un « dors bien » légèrement parfumé de tabac. L’odeur de bonbon de son shampoing. La fragrance de fleur de sa crème de jour.
Son souffle murmurant :
« Tu es mon petit trésor, ma chérie. Tu es notre petit ange. »
La plupart des mères emploient les mêmes mots, quand elles ne font encore qu’un avec leur enfant.
« Tu es la jolie petite fille de ta maman… »
Cet instant là, avant les yeux de vache et les morsures de serpent et les crises hormonales en classe,
ce moment là est le dernier où Morsure et sa mère seront aussi proches.
Aussi aimantes.

Cet instant là, c’est la fin de ce que l’on voudrait voir durer toujours.

Docteur Jemen Moc (médecin généraliste) :


Selon moi, ils n’étaient pas faits pour être parents, ni l’un ni l’autre. J’ai souvent constaté que les jeunes gens considèrent leur nouveau-né comme une plaisanterie de mauvais gout. Comme une punition, peut-être. Un bébé, c’est un bébé ; il n’a pas de chromes partout, pour aller parader en ville.
Un bébé ne vous décrochera pas un boulot peinard derrière un bureau, avec l’air conditionné.
Jack considérait cette enfant comme sa pire ennemie et sa meilleure amie, les deux à la fois.


Fang dit le fou du pneu lisse (routier):

Ce jour-là, à l’heure de la sieste, la mère de Morsure se penche sur le lit. D’une main, elle écarte les cheveux de son petit front, tandis qu’elle la regarde de ses grands yeux verts, ses grands yeux qui lui mangent le visage. Ses yeux qui comptent les étoiles.
En se redressant pour retourner dans la cuisine, ou au jardin, ou devant la télévision, la jeune et jolie maman de Morsure se fige, net. Toujours à demi-penchée sur son lit, elle regarde le mur au-dessus de son oreiller, plissant les paupières et fronçant les sourcils pour tenter de mieux voir quelque chose sur le plâtre. Ses lèvres s’entrouvrent. Ses paupières ne cessent de cligner, ses yeux gris fixés sur le mur, son joli menton un peu pointu retombe. Elle approche la main, un doigt à peine tendu, l’ongle prêt à cueillir quelque chose sur la peinture blanche. Sa peau douce forme une ravine entre ses sourcils.
Morsure se tortille sur le lit, arquant le dos pour voir.

« Qu’est-ce que c’est… ? » demande sa mère.

Et de l’ongle, elle tapote quelque chose, une épaisseur, une croute noire, une petite masse presque molle, comme un raisin sec écrasé qui se décolle du mur et tombe à côté de la tête de Morsure, sur l’oreiller. Une petite empreinte digitale noire à côté de son visage.
Les yeux de la mère de Morsure roulent dans leurs orbites tandis qu’elle suit la trainée de taches noires sur le mur, la constellation de souillures collantes qui descend en spirale jusqu’à la tête de son petit ange, sur l’oreiller.

Comme disait toujours Morsure :
« Certaines personnes sont nées humaines. Mais pour nous… »

D’une certaine façon nous sommes tous semblables.
On identifie tout de suite ce contact collant, sous les chaises et les tables.


C’est un de ces instants qui dure tout le reste de votre vie.

Une scène que Morsure reverra en flash avant de mourir, c'est presque certain.

Le temps a ralenti, et s’est arrêté, figé.
La seule île que vous trouverez dans l’océan immense et vague de votre enfance.

Dans les années qui se sont écoulées en cet instant, le visage de sa mère s’est convulsé, fermé comme un poing couvert de rides.
Un visage devenu muscle, et non plus peau.
Ses lèvres se sont rétractées, toutes minces, dévoilant entièrement chaque dent et ses gencives roses. Comme si elle allait mordre.
Ses paupières ont frémi et tremblé, ses mains se sont crispées, desséchées, comme des serres.
Dans l’éternité de cet instant, la jeune et jolie femme penchée au-dessus du lit de Morsure a baissé sur elle un nouveau visage, une figure de sorcière et a dit
« Espèce de… »
Elle a avalé sa salive, sa pomme d’Adam montant et descendant dans son cou tendineux. Agitant des griffes de vieille femme en direction du mur, elle a dit :
« Tu es… »
Morsure se tortillait sur le dos pour voir la collection qui faisait son orgueil.


Nous vivons tous cet instant-là, celui où nos parents nous voient soudain comme quelqu’un qui ne sera pas eux.

Les étoiles factices d’Irena contre le mur de morve de Morsure.
Sa fierté à elle, la honte de sa mère.


Beck Danlot (ami d’enfance) :

Sans blague, la petite Morsure n’a jamais rien fait d’exceptionnel, à part arracher ses racines et couper les ponts.


Joe la crampe (motard) :

Dans ces moments là, on se sent comme une expérience ratée avec laquelle nos parents vont devoir vivre le reste de leur vie. Comme un gag, un lot de consolation ridicule. Et papa et maman, on les voit comme des dieux un peu débiles, qui n’ont pas trouvé en eux moyen de faire mieux que ça, soi.
Et on grandit comme la preuve vivante de l’incapacité de ses parents.
De leur absence de talent.


Fang dit le fou du pneu lisse (routier):

Sa mère s’est redressée, a regardé la petite Morsure de toute sa hauteur, et elle a dit d’une voix que Morsure ne lui avait jamais entendue, une voix qui ferait écho en elle pour le reste de sa vie, elle a dit :
« Espèce de répugnant petit monstre. »

Cet après-midi-là, Morsure a cessé d’être pour sa mère ce que son « Lapin » était pour elle. C’est à ce moment qu’elle est née, réellement.
C’est le début de Morsure en tant que vrai individu.
Cet après-midi-là, pour la première sieste de sa nouvelle vie, Morsure a dormi.



Extrait des carnets de Klaus Troff (historien et ami de Morsure) :


Cette année-là, après que la veuve noire a mortellement piqué la vieille Rutha, la grand-mère de Morsure, Irena a abandonné sa place à la cuisine pour le dîner de Noël.


Fang dit le fou du pneu lisse (routier):

Elle se réveillait toutes les nuits après ça, dans un cri. Dans ses cauchemars, Morsure disait que le voile noir de dentelle de sa grand-mère se mettait à bouger. Le chapeau paraissait prendre vie et se déchirait de lui-même en lambeaux qui rampaient sur les joues de sa grand-mère et la mordaient, la faisant crier de douleur.
Dans ses cauchemars, Morsure entendait les chiens aboyer mais ne les voyaient pas.
Quant à Irena, pour le mur de sa chambre, Allez-y, demandez-lui. Elle a fini par y coller de la tapisserie.
Pour elle, la crotte de nez, c’était pire que l’amiante.


Irena (mère de Morsure) :


Pour autant que je m’en souvienne, on a effectivement posé de la tapisserie dans la chambre de ma fille, quand elle allait sur ses trois ou quatre ans. Avec un motif de petites fleurs violine Liberty sur fond gris, quelque chose de pas salissant. Assez sombre finalement, mais pratique pour une chambre d’enfant.
Pour le reste, cette histoire de mur couvert de crottes de nez, ça n’est jamais arrivé. Ma fille était une enfant magnifique. Un vrai petit ange. On avait bien mis des étoiles au plafond, des étoiles auto-adhésives qui brillaient dans le noir, comme si les petites fleurs étaient sous ce ciel étoilé.
Toute cette partie est vraie, mais pour le reste…
Jamais je n’aurais traité mon bébé de monstre ou de malédiction.
Et ma fille n’aurait jamais raconté une histoire pareille à personne.
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MessageSujet: Re: Morsure   Lun 19 Mai - 14:56

Quel genre d'écrivain croyez-vous être:

Zoïa Tjo (amie d’enfance) :


Je ne saurais pas vraiment dire quelle sorte d’écrivain elle pourrait être, mais une chose est sure, Morsure c’était une conteuse née. Et plus elle se faisait mordre plus ses histoires nous faisaient frissonner et nous faisaient nous cramponner à la chaise. Y a quelque chose qui changeait dans sa voix quand elle racontait ses affaires, jours après jours, mois après mois. Ce qu’elle disait ça me donnais l’impression que ce serait toujours la dernière histoire que j’entendrais alors je buvais ses paroles comme du petit lait. Elle y mettait tout d’elle. Y en a qui ont dit qu’elle était complètement dingue, à cause des toxiques que son corps encaissait avec les morsures, ça devait la faire délirer, y a des gens qui disaient ça. Et même quand elle s’est mise à étudier comme une acharnée elle continuait de voir les choses avec un œil différent des autres. Ce qu’elle écrivait ça ne ressemblait pas à ce qu’écrivaient les autres, y avait toujours un truc qui allait de travers et un quelque chose de vrai comme une sorte de prémonition, un truc trop intime, aussi, qui dérangeait.




Quel chef-d'œuvre comptez-vous écrire:

Fang dit le fou du pneu lisse (routier):


Je dirais que Morsure écrirait un livre de dingue. Genre un truc sorti de l’Ancien Testament :

Le pique-nique des Abeilles Tueuses
La Malédiction des Crottes de Souris
La Plaie des Puces
Le Chapeau de l’Araignée Mortelle.


Vous voyez ce que je veux dire?
Un truc qui ferait honte à Darwin s’il était encore vivant.



Quel est votre vœu le plus cher:

Zoïa Tjo (amie d’enfance) :


Je vais vous racontez quelque chose qui pourrait aider.
Imaginez qu’on est là, toutes les deux dans le désert, à trois horizons du reste du monde, et Morsure me fixe droit dans les yeux en me disant :

« Tu sens un battement de cœur ? »

Je sens de la fourrure sous mes doigts.
Je caresse de la fourrure.
Sous terre.
Tout au fond.
Ma main, pâle comme de l’os. Odorante et visqueuse de gras de viande.
En plein soleil, la peau brûlée, je hoche la tête.

« Oui »

Morsure sourit.

« Ne te retire pas »

La fourrure est chaude et douce sous mes doigts, et tout d’un coup – pow – le choc, quelque chose transperce cette partie de peau lâche entre le pouce et l’index, cette membrane qui cède sous un coup sec, violent, et mon bras tremble si fort qu’il cogne contre les parois du tunnel resserré autour de mon coude, jusqu’à l’épaule, jusqu’à ma clavicule endolorie, et tente de se dégager.
Morsure passe les mains autour de ma poitrine, par derrière, et me hisse hors du trou.
Il y a un trou dans ma main, aussi, pas deux traces de dents.
Pas la petite morsure du coyote, en forme de fer à cheval.
Le sang gicle d’un trou, un gros trou dans ma main.
Morsure baisse les yeux sur le sang qui s’écoule.

« Morsure. Dit-elle. Un gros lièvre. »

Nous restons là toutes les deux, ruisselant par ces petits trous dans nos mains et nos pieds, à observer le sang qui s’écoule et imbibe le sable sous le soleil brûlant, et Morsure dit, les larmes aux yeux :

« Là, tu vois…. Ici et maintenant….
Pour moi,
dit-elle,
C’est ça qu’on devrait ressentir, à l’église. »



Vers quoi ou vers qui s'oriente votre désir de vengeance:

Riton tâche d’encre (professeur de Morsure) :


Vengeance ? je ne dirais pas ça.
Elle n’était pas mauvaise.
C’était plus comme si elle cherchait quelque chose de réel dans le monde. De nos jours, les gamins vivent déconnectés de la réalité, branchés en permanence et vivant par procuration l’existence des autres.
Des destinées de deuxième main.
Je crois que Morsure voulait que tout le monde vive au moins une seule expérience réelle.
Quelque chose qui les lierait les uns aux autres, en ferait une sorte de communauté.
Quand tout le monde en ville regarde le même vieux film ou se passe le même transfert, ça ne rapproche pas les gens.
Mais quand les gamins sont rentrés chez eux avec leur costume raidi de sang séché, avec du sang qui restait incrusté sous leurs petits ongles pendant une semaine, et les cheveux puants, ça, ça a fait parler les gens.
On ne peut pas dire qu’ils étaient ravis, mais au moins, les gens parlaient ensemble.
Là, quelque chose est vraiment arrivé, et qui nous appartenait.


Petri Thon (voisin d’enfance) :

Je n’aurais pas vendu ces yeux à Morsure si j’avais su ce que cette saloperie manigançait.
Quand on voit comment ça a tourné, c’était un signe évident que cette gamine deviendrait une tueuse. Professionnelle.


Riton tâche d’encre (professeur de Morsure) :


Dans l’obscurité, Morsure prend la main du petit Grimm et la trempe dans diverses cuvettes. Et dans le faisceau de ma torche, je vois des cuvettes partout, pleines de sang épais comme de la mélasse. Tout ça vient de l’abattoir. Des cuvettes de poumons. Des poumons de cochon et de bœuf, entassés, tout gris. Des cuvettes de cervelles visqueuses, écrasées les unes contres les autres. Des tripes et des reins trempés de sang, partout sur le sol.
Il y a un saladier débordant de globes oculaires, de différentes tailles. Des yeux de vaches, de porc, de cheval, qui vous fixent, couverts d’empreintes sanglantes.
Et tout ça commence à fermenter et à puer. Tous les reins avec les intestins, en vrac sur des tôles à pâtisserie.


Petri Thon (voisin d’enfance) :


Tout le monde vous le dira, c’était un pur cauchemar.
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Morsure
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MessageSujet: Re: Morsure   Lun 19 Mai - 17:00

Avez-vous un casier judiciaire:

Loups-Garous



Docteur Jensen Palarose (épidémiologiste) :

Parmi les plus anciennes superstitions observées dans les cultures antiques, existait cette injonction de ne jamais boire l’eau d’une mare fréquentée par les loups.
De même, nos ancêtres ne touchaient jamais la dépouille d’un animal sauvage, cerf ou élan dirons-nous, victime d’une meute de loups.
Transgresser ces interdits – ou le simple fait d’avoir été mordu par un loup – vous métamorphoserait en un monstre légendaire, mi-homme mi-canidé, féroce et assoiffé de sang : un loup-garou.
De même que l’interdiction que faisait l’Ancien Testament de manger du porc ou des crustacés a sans aucun doute sauvé nombre de nos ancêtres d’une mort lamentable due à la trichinose ou à la salmonellose, ces anciennes superstitions concernant les loups les protégeaient contre toute trace de salive contenant très probablement le lyssavirus, un genre de virus ARN négatif, qui de mémoire d’homme a toujours infecté les mammifères dans le monde entier.


Hannah Pot vin (agent immobilier) :

Je vois encore Margot sortir en trombe pour aller retrouver ses amies qui l’attendaient dehors. Toutes attifées de dentelle noire et de bas résille, comme si c’était Halloween tous les soirs.
La bestiole était accrochée à son pull comme un accessoire en fourrure. Une broche. Avec ses horribles petites griffes qui s’agrippaient à la laine du pull noir. Quelques fois, Margot attachait ses cheveux et déposait la chauve-souris sur sa tête, comme dans un nid, ou bien la laissait pendre sur le côté de sa figure comme une boucle d’oreille. Tous ses copains et ses copines gothiques en voulaient… Ces espèces de vermines répugnantes – je veux dire les chauves-souris, pas les amis de Margot.
La chauve-souris c’était un animal de compagnie idéal, effrayant à souhait, pour une bande de jeunes gothiques déguisés en vampires.
Toutes ses amies en avaient.
C’est honteux, mais on ne pouvait se douter de rien.
Les animaleries n’avaient pas le droit d’en vendre comme ça, avec les chiens et les chatons, si elles n’avaient pas subi de contrôle sanitaire. C’est ce que disait mon mari, Paul.


Paul Pot vin (entrepreneur) :

Notre fille s’appelait Margot, mais ses petites copines gothiques l’appelaient « Monstre ».
Elle avait baptisé sa chauve-souris « Petit Monstre », et ensuite, elle s’est contentée de l’appeler « Monty ».


Docteur Jensen Palarose (épidémiologiste) :

Avant l’épidémie Morsure, la manifestation la plus importante a été due à une négligence dans le protocole des importations. Selon la loi sur la quarantaine à l’importation 42 CFR 71.54, la vente des chauves-souris est illégale sur le territoire. L’importation est réservée aux zoos accrédités pour les recevoir et aux instituts de recherche. Mais en l’occurrence, une erreur dans la procédure a permis à une cargaison de plusieurs milliers d’individus, des roussettes d’Egypte (Rousettus aegypiacus) de pénétrer sur le territoire en 1994, afin d’être vendues dans les animaleries.


Paul Pot vin (entrepreneur) :

Nous lui avons offert sa chauve-souris comme cadeau de Noël. Ou plutôt, elle l’a acheté elle-même. Sa mère et moi l’avons remboursée après. Elle venait d’Egypte ou je ne sais où. La nourriture, nous a couté la peau des fesses. De la pâtée pour chauve-souris, enfin un truc infect et ridicule. Sa mère ne voulait même pas s’en approcher.
En plus, cette fameuse Monty puait comme pas possible.



Docteur Jensen Palarose (épidémiologiste) :

Sur tous les cas d’infection recensés chaque année, seules 20% des personnes atteintes déclarent avoir été mordues ou griffées par un animal. Un cas typique, datant de mars 1995, concerne une gamine de 4 ans, dans la chambre de laquelle on a trouvé une chauve-souris. L’enfant a déclaré n’avoir pas eu de contact direct avec l’animal, donc, aucun traitement prophylactique n’a été entrepris. Il s’est avéré plus tard que l’enfant et l’animal étaient tous deux infectés.
Dans la population des marmottes, la maladie se répand lorsqu’un animal pénètre simplement dans un terrier précédemment occupé par un sujet contaminé.
Le vecteur de transmission du virus étant essentiellement la salive, une simple quinte de toux ou un éternuement peuvent contaminer les individus se trouvant dans le voisinage immédiat de la personne porteuse du virus. Et d’autant plus dans un ascenseur, disons, ou une cabine d’avion, un autobus. D’un point de vue mécanique, il est aussi facile de contracter la rage que d’attraper un rhume.
Mais dans le cas d’un rhume, les symptômes se manifestent aussitôt.



Hannah Pot vin (agent immobilier) :


Les professeurs de Margot se plaignaient de son comportement dissipé. Elle paraissait nerveuse, distraite. Parfois anxieuse. Une enfant à problèmes, pour nous. Toutes ses petites copines gothiques se comportaient de la même manière grossière, mal élevée. Vraiment horrible. Nous n’avons jamais réalisé franchement.
Finalement, quand elle est rentrée à la maison avec un 0 en éducation civique, le pédiatre qui la suivait depuis sa naissance lui a prescrit de la Ritaline.



Docteur Jensen Palarose (épidémiologiste) :

Après avoir contracté le virus, le sujet ressentira, typiquement, une sensation de chatouillis à l’endroit précis de la contamination, morsure ou écorchure. Si celle-ci s’est faite par une muqueuse, cet endroit deviendra hypersensible.
Dans le cas de transmission urogénitale, ce qui semble être le cas dans le sérotype de Morsure, cette sensation, affectant toute la zone génitale et périnéale, est censée procurer un certain plaisir.
Ce qui pourrait expliquer la vitesse extrême, presque foudroyante, à laquelle l’épidémie s’est répandue dans la population.



Paul Pot vin (entrepreneur) :


Les symptômes sont une dépression larvée, un comportement asocial, un besoin d’isolement alternant avec des crises d’agressivité.
Si la Commission de contrôle sanitaire devait faire soigner tous les adolescents qui présentent ces symptômes…
ma foi, aucun gouvernement n’aurait un budget suffisant.



Docteur Jensen Palarose (épidémiologiste) :

Au-delà de la période d’incubation, également appelée période « d’éclipse », et qui dure de 6 à 90 jours, le virus se multiplie de manière locale, dans les tissus adjacents à la zone de contamination.
Le flux axoplasmique rétrograde diffuse rapidement le virus dans tout le système nerveux central. Il infecte alors les cellules du tronc cérébral, zone médullaire, hippocampe, cellules de Purkinje et cervelet – en se reproduisant à l’intérieur de chaque cellule contaminée – causant ainsi une dégénérescence progressive de la moelle épinière, du cerveau et des axones et une démyélinisation de la substance blanche.
Au fur et à mesure que la charge virale s’intensifie, les tissus les plus innervés de l’organisme réagissent de manière de plus en plus intense, particulièrement les glandes salivaires. Au premier stade des symptômes, appelés phase prodromale, le sujet pourra présenter des poussées de fièvre, de nausées, des céphalées, une perte d’appétit et une fatigue générale.


Paul Pot vin (entrepreneur) :


Franchement ! Vu la manière dont les gamins se comportent de nos jours, qui pourrait nous reprocher de ne pas nous être doutés de quelque chose ?
Il suffit de les regarder danser la Tektonic !


Hannah Pot vin (agent immobilier) :

Paul pensait que c’était cette musique qui était responsable de ses sautes d’humeur.


Paul Pot vin (entrepreneur) :

Mon dieu, ma femme disait que c’était la faute des jeux vidéo.



Docteur Jensen Palarose (épidémiologiste) :

Passé la phase prodromale, l’excitation sensorielle se caractérise par une hypersalivation, des crispations musculaires, une insomnie, une agressivité extrême et le besoin compulsif de mordre ou de mâcher.
L’incubation pleinement achevée, et le sujet ayant développé des comportements suspects, il n’existe plus de traitement. Le troisième et dernier stade de la maladie est la paralysie, puis le coma. Une autopsie révèlera des antigènes lorsque les anticorps de la rage sont appliqués à des échantillons de tissu cérébral et examinés au microscope fluorescent.



Hannah Pot vin (agent immobilier) :

Au pire moment, coup de fil. C’est la mère de Dean Import Koi, un des petits copains gothiques de Margot. Enfin bref, sa mère me dit comme ça que la bestiole de Dean vient de claquer. La petite boule de duvet s’est lovée dans les sous-vêtements dans le tiroir de sa commode et aujourd’hui ça pue jusqu’au grenier. Crevé. Et sa mère me demande si la bestiole de Margot est malade, si on a gardé le ticket d’achat et si elle pourrait le prendre pour se faire rembourser à l’animalerie.
Donc on sort la boite à chaussure de dessous le lit de Margot, on manque tomber à la renverse tellement ça fouette. On ne soulève même pas le couvercle.
Paul, mon époux, file dans l’arrière-cour avec la boîte et enterre la petite Monty à côté de tous les autres hamsters et gerbilles et chatons et poissons rouges et lézards et perroquets et cochons d’Inde et lapins nains et souris blanches que Margot nous a tannés pour avoir. Je vous jure, derrière la maison, le jardin est pavé d’animaux crevés.



Docteur Jensen Palarose (épidémiologiste) :

Le terme lui-même vient d’un mot sanskrit déjà en usage 3000 ans av JC, « rabhas », qui signifie « violence ».
Au cours du XIX émeuuuu siècle, le virus était très répandu dans toutes les parties du monde, particulièrement en Europe. Là les personnes qui craignaient avoir été contaminées se suicidaient le plus souvent.
Ceux qui étaient contaminés, ou dont la rumeur disait qu’ils l’étaient, étaient souvent assassinés par leurs proches. Ou par compassion.
Historiquement, le virus a transité par une succession de réservoirs mammifères. Au XVIII e siècle, la maladie était le plus souvent transmise par le renard roux (Vulpes vulpes) et à gagner le Nouveau Monde quand ce dernier fut importé de Grande Bretagne avec la mode de la chasse au renard traditionnelle.
Au XIXe siècle, la mouffette (Mephitis mephitis) était si fréquemment atteinte que le terme utilisé à l’époque pour la désigner était « chat enragé ».
A la fin des années 60, le raton laveur commun (Procyon lotor) devint une espèce plus sensible à la contamination. A un moindre degré, le coyote
(Canis latrans) est responsable d’environ une cinquantaine de contaminations chaque année. Les chauves-souris insectivores, d’environ 750.
Avant l’apparition du sérotype lyssavirus initié par Morsure, seules 100 000 personnes décédaient de la rage chaque année, essentiellement dans les régions tropicales ou subtropicales. Malgré un budget énorme annuel pour contenir la maladie et un siècle de vaccination et d’information des populations, le taux de contamination chez les animaux a atteint un pic record en 1993.
Depuis l’épidémie attribuée à Morsure, chez les mammifères, les humains sont actuellement le plus grand réservoir du virus de la rage.



Paul Pot vin (entrepreneur) :

Si j’ai bien compris, il y a deux types de rage.
Le genre « silencieux », et là on ne devient pas dingue, on ne mord personne ni rien. On se roule en boule sous son lit et on meurt.
Et puis il y a la rage normale, celle qu’on connaît, le genre « fou furieux », qu’attrapent 80% des gens.
Là on bave et on jure et on démolit tout dans sa chambre, y compris sa collection de Poupées du Monde, on traite son père de
« Pauvre connard de tête de nœud d’enculé de merde… ».
Eh bien, c’était le deuxième genre qu’avait Margot.


Hannah Pot vin (agent immobilier) :

C’est honteux, mais je pense que nous avons commencé à perdre Margot et à le savoir le jour de ses 13 ans, quand elle s’est teint les cheveux en noir.


Docteur Jensen Palarose (épidémiologiste) :

On peut supposer que depuis toujours, les interdictions concernant la pratique de la zoophilie ont eu pour but d’empêcher que le lyssavirus, ou toute autre maladie animale, ne se transmette à l’homme.
Dans les cultures anciennes, on prétendait également que la progéniture bâtarde d’un prêtre deviendrait un loup-garou.
Ainsi que tout enfant conçu lors d’un rapport incestueux.



Hannah Pot vin (agent immobilier) :

J’ai vraiment honte, mais dès mes premiers doutes, quand j’ai soupçonné que, peut-être Margot avait la rage, j’ai préféré fermer les yeux et penser qu’elle nous faisait du cinéma.
Parce que quand on les voyait, avec sa bande de copains gothiques, c’était vraiment un point d’honneur pour eux d’être grossiers et morbides.
On aurait cru que leur rêve le plus cher était précisément d’attraper la rage.
Enfin, oui, j’ai terriblement honte, c’est sûr.



Docteur Jensen Palarose (épidémiologiste) :

Alors même que le virus commence de se multiplier et de se répandre par les nerfs sensoriels et moteur, le sujet contaminé peut ne développer aucun symptôme pendant des mois, voir des années alors qu’il abrite la maladie et contamine d’autres sujets.
Ce scénario du porteur sain semble être le cas en ce qui concerne le supposé superagent contaminant Morsure.
Non, les épidémiologistes n’utilisent plus le terme de « sujet zéro ».
Tout sujet responsable de 10 contaminations ou plus sera à présent appelé superagent contaminant.
Ce que Mary Mallon, « Mary Typhoïde », était à la typhoïde, ce que Gaétan Dugas était au sida, et Liu Jianlun au SRAS, Morsure l’est devenue pour la rage.



Paul Pot vin (entrepreneur) :

Vous savez ce qui est arrivé à notre Margot.
Tant de ses amis sont décédés qu’on a dû organiser une cérémonie groupée.
Il n’y avait pas que Dean Import Koi. En même temps, c’est différent, quand on enterre un gamin gothique.
Bien sûr, ça vous déchire le cœur, mais ce n’est pas aussi horrible.
En fait notre Margot avait meilleure mine – disons qu’elle avait l’air en meilleure santé – qu’avant de tomber malade.
Et en voyant tout le monde là, habillé tout en noir, on aurait dit la fête de fin d’année du collège.
Si ce n’est que personne ne dansait. Ni ne souriait. Ni ne riait.
Tout le monde avait l’air sinistre, en noir des pieds à la tête…
Bon, d’accord, ça ressemblait exactement à la fête de fin d’année du collège.
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MessageSujet: Re: Morsure   Mar 20 Mai - 13:18

Orientation politique:


Riton tâche d’encre (professeur de Morsure) :

Son livre de chevet quand elle a commencé ses études c’était La distinction de Bourdieu, voyez un peu le genre....
cela se dispense de commentaire je crois, elle en connaissait même des passages entiers sur le bout des doigts.

Et dans un de ses carnets de bord, voilà ce que j’ai trouvé :

« Escale chez les Autres.

Je m’étais attendu à trouver des hommes propres, nobles, vivants. Je me suis retrouvée au milieu d’hommes assis sur les plus hautes marches de la société – les prédicateurs, les politiciens, les hommes d’affaires, les professeurs, les hommes de presse.
J’ai mangé de la viande avec eux, j’ai bu du vin avec eux, je me suis baladée en voiture avec eux,
et je les ai étudiés.

C’est vrai, j’en ai trouvé beaucoup qui étaient propres et nobles, mais à de rares exceptions près, ils n’étaient pas VIVANTS.
Et je crois vraiment que je pourrais compter ces exceptions sur les doigts des deux mains. Ceux qui ne tiraient pas leur vitalité de la pourriture, leur vivacité d’une vie malpropre, ressemblaient à des morts non enterrés – propres et nobles comme des momies bien préservées, mais pas vivants.
Dans cette catégorie des morts vivants, je fais une place d’honneur aux professeurs, des hommes qui s’en remettaient à cet idéel universitaire décadent qu’est « la poursuite sans passion de l’intelligence sans passion ».
J’ai rencontré des hommes qui invoquaient le Prince de la paix dans leurs diatribes contre la guerre, et qui mettaient des fusils dans les mains de détectives privés afin d’abattre les grévistes de leurs propres usines.
J’ai rencontré des hommes bouleversés d’indignation par la brutalité d’un ring et qui, en même temps, étaient complices du frelatage des aliments tuant chaque année plus de bébés que le sanguinaire Hérode lui-même.
J’ai parlé avec des capitaines d’industrie dans des hôtels, des clubs, des maisons particulières, des compartiments de chemin de fer, sur des ponts de paquebot, et j’ai été ébahie du peu de chemin qu’ils avaient parcouru dans le royaume de l’esprit.
En revanche, j’ai découvert que, dans le domaine des affaires, leur esprit était anormalement développé. J’ai découvert aussi que, dès qu’il s’agissait d’affaires, leur moralité était nulle.
Tel gentleman aux traits délicats et à l’allure aristocratique était un directeur bidon, au service de compagnies qui volaient secrètement les veuves et les orphelins.
Tel autre, collectionneur d’éditions rares et mécène exceptionnel de la littérature, cédait au chantage d’un chef de service municipal à la mâchoire lourde.
Tel homme de presse, qui publiait dans son journal des pubs pour des spécialités pharmaceutiques et n’osait pas imprimer la vérité sur ces produits par peur de perdre une ressource publicitaire, me traita de crétine démagogue quand je lui dis que sa politique économique datait de l’Antiquité et sa biologie de Pline.
Merci J.L pour ta bravoure »


C’est vraiment dégueulasse ce qu’ils peuvent inventer comme cochonneries ces saletés d’anarchistes surtout quand en plus ils gagnent 5 ou 6 fois le salaire d’un professeur de la République sans qui ils ne seraient RIEN !!!!
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MessageSujet: Re: Morsure   Mar 20 Mai - 16:28

Orientation sexuelle:

La nourriture

bon appétit *_*


I. A voile.




Mérès Templace (amant régulier de Morsure) :

… pffffffyyyooouuuu…. Vous voulez que je vous dise, elle nous en a fait voir de toutes les couleurs cette satanée garce…. Et dans le coin, je crois qu’y a pas une seule anatomie qui lui ait échappée et qu’elle soit pas capable de reconnaître rien qu’au flair… Ouais.. Je peux vous dire qu’homme ou femme, jeune ou vieux, Morsure savait comment s’y prendre avec chacun la charogne, et y a pas un slip ou un string qui lui était étranger dans ce bas-monde.

Et elle s’est cassée en nous laissant tous la gaule, et croyez moi quand ça dure héhé, ça craint, grave !
Ouais….

A voile et à vapeur comme on dit chez moi…

Chier tiens …. !


Areta Justa Tamp (crash-test):

Chacun son truc pour arrêter le temps. Les moines bouddhistes font des mandalas de sable, Irena, la mère de Morsure brodait –
et Morsure lutinait de la minette. Elle fourrait son visage entre mes cuisses et glissait sa langue en moi. Puis elle se relevait sur les coudes, faisait claquer ses lèvres, le menton en avant, et disait :

« Tu as mangé un truc à la cannelle pour le petit déjeuner… »

Elle se léchait les lèvres, roulait des yeux, réfléchissait.

« Non, pas du pain perdu… autre chose . »


Elle reniflait et s’y recollait, puis soudain son regard se mettait à briller.

« Tu as bu du thé de l'Eléphant. C’est ça, la cannelle. »

A mon odeur, à mon gout, elle pouvait détailler tout ce que j’avais avalé dans la journée :
Du thé,
des toasts au blé complet sans beurre,
un yaourt nature,
des myrtilles,
un sandwich au tofu,
un avocat,
un verre de jus d’orange et une salade de crevettes.

« Et tu t’es arrêtée au Mac Do pour prendre des beignets au pomme, ajoutait-elle en faisant claquer sa langue :
une double part. »

Je l’appelais : « l’Affamée de la Chatte ».

Soyons franches : la plupart des gars comptent les points à chaque coup de langue qu’ils donnent.
Chaque fois qu’ils relèvent la tête pour reprendre souffle, ils vérifient ton plaisir.
Et lécher pour lécher, tu sais que tu dois être à la hauteur du plaisir que tu leur donnes en retour.
De sorte que de lèche en lèche, tu ne peux jamais te détendre et jouir, avec cette espèce de taximètre qui tourne sans arrêt.
Chaque coup de langue est un investissement qu’il faut rentabiliser.
Même ceux qui détestent faire les comptes et remplir leur déclaration d’impôts,
ceux qui souffleraient dans leurs joues si on leur demandait s’ils sont créditeurs ou débiteurs à la banque,
calculent le nombre exact de mouvement que fait leur langue autour de ton clitoris, et ce que ça rapporte.

C’est l’équivalent sexuel des obsédés des horloges ou des compteurs compulsifs de haricots.

C’est comme ça avec tous les gars – sauf que Morsure, c’était pas un mec !
Morsure, elle faisait glisser sa langue et l’enfonçait en toi, et des années pouvaient s’écouler.
Jusqu’à l’érosion des montagnes.


Une fois, Morsure avait le visage enfoui entre mes jambes, et tout d’un coup elle a émergée pour reprendre souffle, a ôté un poil de sa langue et a dit :

« Qu’est-ce qui t’est arrivé aujourd’hui. Il est arrivé un sale truc…. »

Je lui ait dit de laisser tomber.
Elle m’a léchée, a roulé des yeux, m’a reléchée.

« Une contravention pour stationnement interdit ? Non, quelque chose de pire…. »

Je lui ai répété de laisser tomber.
Je lui ai dit qu’il n’était rien arrivé.
Morsure m’a léchée de nouveau, plus lentement cette fois, passant du fond vers le devant, l’haleine brûlante, et a levé les yeux et m’a fixée jusqu’à ce que je la regarde.
Que mon regard croise ses yeux verts . Elle a dit :

« Je suis navrée. Tu as perdu ton boulot, n’est-ce pas ? »

Ce putain de boulot à la con, où je vendais des putains de portables à la con.
C’était comme si elle pouvait deviner n’importe quoi en vous reniflant et en vous goutant.
C’était Morsure.
Elle ne se trompait jamais.
Et entre deux orgasmes, je me suis mise à pleurer.

Je vais vous livrer un vrai secret de célibataire : la vraie raison pour laquelle une fille dîne avec un mec, lors du premier rendez-vous,
c’est que comme ça vous savez comment il va baiser.
Un gougnafier qui se bâfre à toute vitesse sans même regarder ce qu’il mange, eh bien vous n’irez jamais vous mettre au pieu avec, pas avec un mec comme ça.
Pour une femme, là c’est discutable, faut négocier.
Bref !
Même nues, on ne se touchait jamais.
Qu’elle soit presque sèche et collante, ou fraîche et gluante, entre sa peau et la mienne, il y avait toujours une fine couche de sueur, de salive ou de cyprine.

Mais ça comptait quasiment pas que sa salive m’ait filé la rage.
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MessageSujet: Re: Morsure   Mar 20 Mai - 19:10

II. Et à vapeur…



Zoïa Tjo (amie d’enfance) :

Le lundi matin, j’étais crevée d’être resté connectée toute la nuit, à rattraper mon retard sur Algèbre II. Riton nous donnait 6 ou 8 heures de transfert à intégrer, et j’attendais toujours la dernière minute. Les yeux fermés, j’entends encore la voix du sujet-source, la nana qui enregistrait les cours.
Comme on ne peut pas transférer les pensées – seulement des conneries sensorielles comme le goût, l’odeur, les sons et la vision – le sujet-source explique chaque étape de l’équation, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla, pendant qu’on suit la craie dans sa main, qui trace des chiffres sur un tableau noir.
Et puis sa voix :

« Si X est égal au cosinus de Y, et Y supérieur à Z, le facteur de X doit inclure… »


Entre-temps, j’ai déjà piqué du nez. Je suis toujours connectée, mais je scie des bûches. Et le lundi matin, tout ce qui me restait du cours, c’était l’odeur de la craie. Et le tap-tap, chaque fois que la craie touchait le tableau. Pas un tableau interactif, même pas un tableau blanc à marqueur, non, minable : un tableau noir, avec une craie.
Mais des décennies après, je peux encore vous dire que le sujet-source était droitière, et portait un pull rouge à manches longues qu’elle remontait au-dessus des poignets. Et puis, toujours, le gout du café dans sa bouche. Une main de Nocturne, on m’a dit. Pas trace de hâle. Les dos, les phalanges, la paume, tout de la même couleur.
La seule chose qui m’empêchait de laisser tomber, c’est que Morsure était nulle en maths, enfin, ce qu’elle voulait bien nous faire croire, et Riton collait des notes selon son humeur.
Généralement le lundi matin à l’aube, Morsure venait frapper à la fenêtre de ma chambre.
On partait, on traversait deux horizons, jusqu’à ce qu’elle trouve son trou. Une manche roulée, le bras enfoui dans la terre jusqu’à l’épaule, elle me demandait de lui apprendre.

L’algèbre.
L’histoire.
Les sciences sociales.
La biologie.

D’après elle, c’était à cause des morsures d’araignée, du venin, de la rage mais en tout cas elle se plaignait que sa prise ne fonctionnait pas.
Elle pouvait se brancher, mais n’arrivait pas à capter quoi que ce soit, que dalle.
C’était une sacrée comédienne.


Pec Thoreau (ami d’enfance) :

Morsure se mettait à plat ventre dans la poussière, calait bien ses coudes de chaque côté du terrier et fourrait son nez dedans.
Et uniquement à l’odeur, en reniflant à l’intérieur d’un trou dégueulasse, elle vous disait si c’était un lapin ou un coyote ou une mouffette ou une araignée tueuse.
Elle pouvait même dire quel genre d’araignée.
Quand on était l’ami de Morsure, il y avait toujours un défi à relever.
Pour les mecs, il fallait fourrer sa main dans un trou noir de son choix, jusqu’au coude, sans savoir ce qu’on allait trouver là dedans.



Zoïa Tjo (amie d’enfance) :


Dans le désert, pendant qu’on regardait la lumière envahir le ciel, dans des couleurs de feu, j’ai parlé à Morsure de la main de la prof d’algèbre, toute blanche, fantomatique. Une main qui n’avait jamais vu le soleil.
Tout à coup elle a dit :
« Merde »
Elle fourre sa main dans son pantalon, devant, et grince des dents.
« Je mouille, dit-elle. Morsure d’araignée. Ça arrive tout le temps. »
Puis elle farfouille dans son pantalon pendant trois plombes pendant que je regarde le ciel en soupirant.


Extrait des carnets de Klaus Troff (historien et ami de Morsure) :

Le priapisme chronique est un des symptômes les moins graves de l’empoisonnement à l’a-latroxine. En exploitant les érections de ses petits camarades dues au venin, Morsure coupait les derniers ponts avec la communauté. Elle ne pourrait jamais revenir à la maison, mais elle n’aurait jamais à y revenir.
Une chose que les riches savent, et que la plupart des gens ignorent, c’est qu’on ne brûle jamais ses ponts. Quel gaspillage.
On les vend.
Visiblement, c’est ce qu’elle a comprit bien plus tard


Camille Balle (amie d’enfance) :

Ce jour-là, notre prof de géométrie, M. Riton, le même qui nous force à ingurgiter Algèbre I et Algèbre II, et nous traîne au tableau pour bien exhiber nos lacunes devant tout le monde, M. Riton croise les bras, fait claquer sa langue, baisse les yeux sur Morsure et demande :

« Alors, quel est votre problème Mademoiselle ? »

Morsure baisse la tête, le menton sur la poitrine, puis avance les hanches et désigne des deux index son pantalon mouillé.

« M. Riton, j’ai une terrible poussée d’hormone je crois, et ça fait deux heures que ça dure…. »

Sans blague.
On entend les élèves retenir leur souffle, mais pas tant les meilleurs, les A+.
C’est plutôt les B, derrière, qui n’en croient pas leurs oreilles.
Et au fond de la salle, quelques C – étouffent un rire niais, en serrant les lèvres, bouche fermée.

« En tant qu’homme adulte, M. Riton, continue Morsure, vous pouvez imaginer la situation inverse et comprendre le côté douloureux, voire même potentiellement dangereux de la situation… pour la gente masculine »

M. Riton laisse échapper tout son air, comme un ballon qui se dégonfle d’un seul coup. Ses bras tombent sur son ventre, sa poitrine s’affaisse. Ses lèvres s’ouvrent, toutes molles, on voit ses dents du bas, comme de l’os bruni par la nicotine.

« Quelqu’un devrait peut-être y jeter un coup d’œil, qu’en pensez-vous ? » fait Morsure,
fronçant les sourcils, des rides d’inquiétude se creusant entre ses yeux.
L’équation écrite au tableau a disparu, effacée, brouillée.
Ce ne sont que des gribouillis, des pattes de mouches, de la craie blanche, face au miracle sordide, scandaleux d’une excitation adolescente.
La cervelle de M. Riton fonctionne à toute blinde pour essayer de trouver la réponse à ça.
C’est son tour de rester là comme un crétin devant toute la salle.


Fang dit le fou du pneu lisse (routier):

Riton la fiote est dans la merde. S’il donne une baffe à morsure, ou s’il se contente de rire en disant à la gamine de rester assis et de penser plutôt aux chiffres au tableau, le lycée file droit vers le procès. Si la gamine a besoin d’une aide médicale d’urgence, le rectorat fera jouer cette affaire pour les prochaines discussions budgétaires. Bien sur, Morsure a un passé d’élève turbulente.
Bien sur, elle aurait pu expliquer la situation d’une manière moins abrupte, mais cela ne fera pas le poids dans une salle d’audience, quand Riton la fiote se retrouvera debout à la barre des témoins, pour expliquer au jury pourquoi il a ridiculisé, humilié une étudiante qui était presque en train de mourir d’excitation devant ses yeux


Camille Balle (amie d’enfance) :


Les yeux de M. Riton vont et viennent très vite sans se focaliser, son oreille trésaille, sa pomme d’Adam monte et descend, voilà les seuls signes extérieurs d’une violente activité cérébrale. Sa figure passe du blanc au rose puis au rouge sombre. Tout son visage, d’un rouge de langue. On croirait que le temps s’est arrêté.

« M. Riton », fait un garçon.

C’est Pec Thoreau qui lève le doigt,
« Hé, M. Riton ! »,

Puis agite la main, si vite qu’on ne voit plus ses doigts, et dit :

« Moi aussi il faut que j’aille à l’infirmerie, M. Riton.
Pour la même chose, mais, mais pour mec… »




Lola Blut (professeur) :

Un corolaire s’est peu à peu établi très clairement entre le beau temps et le nombre de garçons souffrant d’érection douloureuse. Le problème n’était pas le membre en soi, mais l’impossibilité de le dissimuler en pleine turgescence. De plus, le rectorat a décidé qu’une règle obligeant les élèves à porter des sous-vêtements couvrants, serrés, se révèlerait impossible à faire appliquer, et n’aurait pour résultat que d’attirer davantage l’attention sur l’objet du problème.
Notre but principal était de gérer ces histoires de pénis turgescents de manière discrète, indirecte, de biais. Les mesures en vigueur ne prônaient aucune condamnation des érections en milieu scolaire. Nul responsable n’était censé remarquer, ou à plus forte raison tenter de masquer ou de mettre fin à une érection ou une excitation ostensible.


Loris Lavoile (ami d’enfance) :


Morsure nous avait tous chauffés à blanc.
On réclamait le droit à l’érection pour tous, on gueulait contre cette oppression, on a même brûlé nos slibards sur le parking de l’école, pendant que Morsure gueulait :
« Mort aux boutons pression ! »


Beck Delievre (Ami d’enfance) :

Avec Morsure pour avocate, la liste de nos exigences comportait la mise à disposition d’une cantine ouverte en permanence, puisqu’il est bien connu qu’on ne peut pas manger tout en gardant une érection.
Nous n’exigions rien de moins que la reconnaissance de notre… et là, on s’est trouvé coincés.
De notre « problème » biologique ?
De notre « handicap » biologique ?
De « notre infirmité » ?
On se torturait la cervelle pour trouver le bon terme.
Finalement, on s’est mis d’accord sur « incommodité » et on a exigé
« la pleine et entière reconnaissance de l’incommodité inhérente à l’anatomie masculine ».
Incommodité, ça faisait sérieux, ça faisait classe.


Zoïa Tjo (amie d’enfance) :

Après toutes ces années passées en compagnie des formules algébriques, M. Riton n’était pas trop prêt à gérer une situation explosive à base de triques potentiellement mortelles.
Etre exhibé comme l’idiot du cours de géométrie ou exhiber une trique infernale : dans les deux cas, votre dignité en prenait un coup.
Au moins, là c’était Morsure qui posait le problème et Riton qui était obligé de trouver la solution, la sueur au front, pour tous ces pauvres gars et avec tous les yeux sur lui.



Beck Delievre (Ami d’enfance) :


On pensait à voir un toubib et le convaincre d’appeler ça le STC, le Syndrome de la Trique Chronique.


Marie Telman (professeur)

On voyait des gamins lever la main bien poliment et dire :
« Pardon, Mademoiselle Telman… j’aimerais vraiment beaucoup finir l’explication de ce texte magnifique, mais j’ai une gaule d’enfer dans la culotte et ça commence à faire carrément mal… »
Je vous jure. Tous les gamins.
« Peut-être que si je sortais prendre un peu l’air… »
Résultat, la moitié de la classe se retrouvait dehors.



Lola Blut (professeur) :

Le corps professoral hésitait à solliciter la pleine participation au cours des éléments mâles de la classe, de crainte que les étudiants contraints à se mettre debout au tableau n’exhibent une excitation malvenue, créant ainsi une perte de concentration générale chez les autres élèves et minant d’autant plus l’autorité de l’enseignant.
Alors même que la rumeur courait que certains étudiants abusaient de médicaments destinés à traiter les troubles de l’érection, le rectorat déclarait qu’il n’existait aucune raison légale pour obliger les étudiants à se soumettre à des analyses d’urine. Il convenait que, si certaines pouvaient êtres dues à des médicaments utilisés frauduleusement, la majorité des érections étaient parfaitement naturelles, et donc sous la protection de la Loi Citoyenne pour les Handicaps.
Sur les conseils du rectorat, l’administration de l’établissement a organisé une séance diapos uniquement destinée aux éléments mâles des classes concernées.



Docteur Jemen Moc (médecin généraliste) :

J’ai présenté des diapositives couleur montrant des phallus à divers stades du priapisme, jusqu’à la gangrène conséquente. Pour rendre cette séance le plus efficace possible, j’ai sélectionné les clichés les plus extrêmes, montrant des membres où le prépuce, le gland et la hampe, le corps caverneux engorgé de sang, étaient devenus d’un violet presque noir, ou même d’un vert sombre iridescent, typique de la nécrose avancée dans les tissus privés d’oxygène.



Sylvia Vabo (amie d’enfance)

Certains nouaient un lacet de chaussure pour garder leur érection.
D’autres mettaient un concombre.
Serrer comme ça un membre gorgé de sang, ça pouvait être dangereux, mais surveiller un concombre demandait une attention maximum !

On voyait des gamins filer en boitillant vers les lavabos pour réajuster le truc, avec de la pulpe de concombre ou de courgette qui coulait du revers de leur jean.
Les gamins appelaient ça fourrer, foutrer ou gourdiner.
Foutrer, ça consistait à prendre une goutte d’huile de cuisine ou de shampoing, un truc gras qui ne sècherait pas, et à en mettre une goutte sur la braguette. De fausses taches de sperme.


Morsure… elle les avait vraiment rendus complètement dingues…. C’était lamentable de voir ça, je vous jure.
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MessageSujet: Re: Morsure   Mar 20 Mai - 19:10


Lola Blut (professeur) :


La stratégie du rectorat n’a eu qu’un succès très limité.


Pec Thoreau (ami d’enfance) :

En fait, une semaine après le début du 2eme trimestre, Morsure a obtenu de discuter de nos exigences avec l’administration du lycée. Dans la salle des profs, toutes les portes fermées, ils ont négocié pendant qu’on attendait tous dans le couloir.


Zoïa Tjo (amie d’enfance):


La salle des profs était territoire interdit pour nous, et personne ne savait qu’elle avait une issue donnant directement dehors. Au bout de je ne sais combien de temps, assise par terre dans le couloir, on voit sortir le corps enseignant. Mais pas Morsure.


Pec Thoreau (ami d’enfance) :


En fait, Morsure s’était tirée en douce par cette porte de derrière, elle nous avait doublés, en emportant avec elle un gros chèque et un certificat confirmant qu’elle avait obtenue son diplôme plus tôt que les autres, grâce à une dispense.


Loris Lavoile (ami d’enfance) :


Sans blague, Morsure nous a plantés là avec nos braguettes gonflées, en train de mettre nos queues en jeu dans un bras de fer politique, et s’est tirée avec dans la poche un chèque de l’Administration.
On l’appelle toujours la Benedict Arnold de la trique.


Beck Delievre (Ami d’enfance) :

Sans elle, la Bataille Electorale a perdu de son entrain. Débandade générale. On n’était plus que des gamins idiots, avec des légumes fourrés dans nos culottes et des élastiques autour de notre saucisse.
Notre erreur, ç’a été de faire confiance à Morsure.
Et les élastiques, une erreur encore plus grande.
Rien n’est plus douloureux que d’essayer d’ôter un élastique tout entortillé pris dans les poils de cul.
Comme quoi, faut jamais faire confiance à petite nana qu’a une belle gueule et qui te fais mettre comme ça ton bras dans un trou à l’aveuglette. Qu’est ce qu’on a été cons.


Lola Blut (professeur) :

Morsure est sortie de la négociation avec un livret scolaire tout neuf lui accordant une super-moyenne et une mention, plus un certificat dans toutes les disciplines sportives.
Morsure, qui n’avait jamais mis le pied sur un tapis de gym ni couru deux mètres de toute sa vie !
Si jamais elle se pointait un jour à une réunion d’anciens élèves, je connais des mecs qui se battraient pour tirer le premier.


Zoïa Tjo (amie d’enfance) :


N'empêche, qu'est-ce qu'on a rigolé! Vous pouvez pas savoir.
Un chèque de fin d’année, au lieu d’un simple diplôme. Les deux. Des bouts de papier, mais c’était plus que ça, tout le monde le savait. Elle avait fait le grand pas entre le mensonge et la réalité.
Morsure savait que la réalité peut se construire, se créer.
Comme pour l’argent de la petite souris qu’elle avait aussi fait fructifier comme ça.
Que si assez de gens croient à un mensonge, alors ce n’est est plus un.

Beck Delievre (Ami d’enfance) :

Evidemment, certains mecs n’ont jamais pardonné à Morsure de nous avoir trahis. D’autant qu’ils avaient jamais pu obtenir la moindre petite gâterie d’elle….
Mais pour la plupart d’entre nous, on a haussé les épaules, secoué notre jambe de futal pour faire tomber la carotte, et on s’est fait une raison.



Mérès Templace (amant régulier de Morsure) :

N’empêche que malgré tout ça, pour les petits veinards qui ont eut la chance de la connaître comme moi sans se faire seulement couillonner, c’était un sacré bon coup.
Ouais.

Chier, tiens….. !
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MessageSujet: Re: Morsure   Mer 21 Mai - 12:47

Quel est votre plat préféré:


Le cure-dents et le Petit Jésus



Zoïa Tjo (amie d’enfance):


Pendant le temps qu’il faut à la plupart des gens pour s’asseoir à table, dire le bénédicité, se passer les plats, se servir, manger, en reprendre, arriver au gâteau, au café, puis reboire un café avant de commencer à faire la vaisselle, durant tout ce temps, chez Morsure, on était capable de n’avoir avalé qu’une bouchée.
Une bouchée de thon à l’étouffée ou de pâté de viande, et d’être encore à la mastiquer.
Non seulement ils mangeaient lentement, mais ils ne parlaient pas, ne lisaient pas, ne regardaient pas la télé.
Toute leur attention était concentrée sur ce qu’ils avaient dans la bouche, mâchaient, goûtaient, ressentaient.


Païl Tapatate (voisine d’enfance) :

En Angleterre, au repas de Noël, quand on trouve un clou de girofle dans son assiette, cela veut dire qu’on est un traître. A tous les coups. Si on trouve un petit rameau de quelque chose, on est l’idiot de la tablée. Et ça ne se discute pas. Et si en mordant dans sa viande, vous trouvez un bout de tissu, tout le monde saura que vous êtes une putain.
Vous imaginez, être cataloguée comme une putain, comme ça, en plein repas de Noël !
Mais Irena, la mère de Morsure, jure qu’elle a lu ça dans un livre.



Extrait des carnets de Klaus Troff (historien et ami de Morsure) :

Chaque famille a ses petites histoires non écrites, qui forment une loi, mais la plupart des gens ne savent pas les déchiffrer.
Ce sont des anecdotes que les gens répètent pour renforcer le sentiment de leur identité : qui ils sont. D’où ils viennent. Pourquoi ils agissent comme ils le font.
Morsure disait toujours :
« Chaque famille est un vrai petit culte à elle seule. »



Bart Tjo (voisin d’enfance) :

Ne riez pas, mais en France, Irena dit qu’ils font cuire un petit porte-bonheur en métal dans le gâteau, pour le dessert. La règle veut que celui qui mord dans le porte-bonheur devra inviter tout le monde pour le prochain dîner, mais les Français sont tellement mesquins qu’ils préfèrent le plus souvent avaler le truc. Comme ça ils n’auront pas à recevoir.
Irena a aussi lu que les Mexicains cuisaient une effigie de Petit Jésus dans le gâteau. En Espagne, ils ajoutent toujours des pièces de monnaie.
Irena m’a montré un petit bouquin sur ça, les gâteaux fantaisie, ils expliquent tout.
Toute l’histoire des gâteaux du monde entier.



Irena (mère de Morsure) :


Pour autant que je m’en souvienne, ni Jack ni Morsure n’étaient des mangeurs très lents, au départ. C’est moi qui leur ai appris.
Ça devenait insupportable de préparer un gateau au chocolat avec trois fois rien, et de voir Jack et sa fille le faire disparaître en trois bouchées. De les voir tous les deux se jeter sur une tranche et s’en bourrer jusqu’à l’étouffement, et puis sur la suivante, et en deux minutes il ne restait plus que l’assiette sale.
Et même en s’en mettant jusque-là, ils continuaient de discuter de tel ou tel projet, ou ils consultaient un catalogue, ou ils écoutaient les nouvelles à la radio.
Toujours en train de vivre dans l’avenir, des mois dans l’avenir.
Toujours à des kilomètres devant eux-mêmes.
La seule exception, c’était quand ils apportaient, eux, la nourriture.
Chaque fois que Jack tuait une oie, tout le monde en parlait, disait à quel point elle était bonne.
Ou bien quand Morsure attrapait des truites, là aussi, on passait la soirée à les manger.
Evidemment, il y a des arêtes, dans la truite. Et dans une oie, on fait attention à trier les plombs.
Il y a toujours un prix à payer, si on ne fait pas attention à ce qu’on mastique. On se plante une arête dans la gorge et on meurt étouffé, ou on se plante un éclat d’os bien pointu dans le palais. Ou on se casse une dent du fond en mordant sur un plomb.



Extrait des carnets de Klaus Troff (historien et ami de Morsure) :

La loi en vigueur dans la famille de Morsure était :
« Pour obtenir un plat savoureux, le secret est d’ajouter un ingrédient qui fera mal. »
Non qu’elle ait jamais eu envie de faire du mal aux gens. Irena piégeait la nourriture uniquement parce qu’elle y accordait trop d’importance. S elle s’en était fichue, elle aurait tout simplement décongelé des plats préparés.



Bart Tjo (voisin d’enfance) :

N’oubliez pas une chose : je voyais le plus souvent la famille de Morsure à l’église. Le dimanche, à la messe, et après, aux repas improvisés sur la place.
L’ingrédient qui faisait que les gens adoreraient la tourte aux pêches d’Irena, c’étaient les noyaux de cerise qu’elle y glissait. On pouvait quasiment se casser la mâchoire par accident. Et le secret de son crumble aux pommes, c’était les éclats de coquilles de noix qu’elle y ajoutait. Bien pointus.
Quand on mangeait son thon à l’étouffée, on ne bavardait pas, on ne feuilletait pas le national Geographic. On avait les yeux et les oreilles à l’intérieur de sa bouche. Le monde entier se réduisait à l’intérieur de sa bouche, à force de guetter les petites boules de papier alu qu’Irena dissimulait dans les morceaux de thon.
Du coup on mangeant si lentement, on goutait vraiment la nourriture, et le plat était fameux.
Il y avait sans doute de meilleures cuisinières parmi les autres mères, mais on ne s’en apercevait pas.



Irena (mère de Morsure) :

Les hommes ont toujours tendance à se dépêcher, à presser la machine pour en avoir fini. Et Morsure, elle était bien la fille de son père au départ.



Zoïa Tjo (amie d’enfance) :

Madame Irena faisait des gâteaux d’anniversaire à vous faire rougir de ceux de votre propre mère, qui du coup apparaissait comme une vraie feignasse.
Quelque fois, c’était un train, avec une locomotive à vapeur en gâteau au chocolat qui tirait un wagon de marchandises en cake aux cerises et autre génoise à la vanille, et ensuite, des wagons-plateau et des tankers, chacun d’un parfum différent, pour finir par un fourgon de queue de gâteau au sirop d’érable ou au miel. Il parait que ça porte chance de trouver le cure-dents glissé dans un gâteau.
Mais si on ne se donnait pas la peine de déguster son gâteau, c’étaient des échardes de pin qu’on dégustait, et tout avait gout de sang.



Païl Tapatate (voisine d’enfance) :

A Noël, à l’étranger, on prépare un gâteau avec un Petit Jésus dissimulé à l’intérieur. La tradition veut que celui ou celle qui trouvera le Jésus dans sa part est béni pour l’année. C’est une toute petite poupée en plastique. Mais Irena, elle, collait dans la pâte autant d’enfants Jésus que de cuillerées de farine et de sucre. A chaque bouchée, on tombait sur un Petit Jésus. Peut-être qu’elle voulait que plus de gens soient bénis pour l’année, mais ça n’a jamais été très sympa de voir à table les convives recracher des pelletées de petits messies tout nus et tout roses, trempés, comme des bébés qui naissaient de leurs lèvres. Avec des grosses marques de dents, le visage souriant du Rédempteur souriant tout mâchonné. Et le repas sur la place, après la messe, les gens alignés aux grandes tablées décorées de crépon rouge, en train de cracher des enfants Jésus dans tous les sens, ça n’a jamais semblé très très catholique.



Bart Tjo (voisin d’enfance) :

De même que ce n’est pas toujours l’enfant le plus sage qu’on préfère – parfois, c’est celui qui vous pose le plus de problèmes –, les gens se souvenaient uniquement des plats que Irena apportait aux repas improvisés.
Il y en avait de meilleurs, comme les croquants aux noix de Betta Grimm, ou le crumble aux poires de Bertha Trobbu, mais comme ils ne se risquaient pas de vous tuer par suffocation à chaque bouchée, on n’y accordait aucune importance.


Zoïa Tjo (amie d’enfance) :

Morsure, c’était le danger son plat préféré.



Celui que vous détestez :


Zoïa Tjo (amie d’enfance) :


Et celui qu'elle détestait le plus c'était tout ce qui n’avait pas un goût de sang.
C’était bon pour la benne à ordures.



Quelles sont les raisons qui vous ont fait écrire ou vous feront écrire:

Zoïa Tjo (amie d’enfance) :

Mettez votre bras dans un trou ou élevez une chauve-souris et je suis sûre qu’elle lâchera le morceau.



Croyez-vous en votre inconscient:

Zoïa Tjo (amie d’enfance) :

….
? !
Est-ce que vous pouvez baisser un peu cette lumière elle me fait mal aux yeux ça m’empêche de réfléchir comme y faut.




Qui est votre idole:

Docteur Tavret Manltimpal (zoologue) :


LUI :




Livrée écarlate d'un dendrobate.
By Charles & Clint





Le kokoï de Colombie

Ordre ANOURES
Famille Dendrobatidés


Son corps est enduit d’une substance appelée batrachotoxine.
Elle ne lui sert strictement à rien, ni à attaquer, ni à se défendre.
Pourtant, 0,2 mg suffirait à tuer un homme, même Morsure n’y résisterait pas, enfin je suppose.
C’est le champion toute catégorie.
L’un des poisons les plus violents du monde et comme vous le remarquez, il n’est pas secrété par un serpent.
Et je pense que c’est l’une des raisons qui ont fait disparaître Morsure dans la nature et espérer beaucoup de sa retraite.
Je suppose que c’est ce petit batracien qu’elle recherche.



De quoi avez-vous peur de manquer pendant ces trois mois :

Zoïa Tjo (amie d’enfance) :

Si y a pas de trou là où elle est partie… Un trou avec n’importe quelle bestiole venimeuse qui pourrait la faire frémir et lui donner une grosse poussée de fièvre. Je pense que ça va être ingérable. Pour elle. Et pour vous.



Ce qui vous excite:


Zoïa Tjo (amie d’enfance) :

*baille*
Je crois déjà avoir répondu à cette question nan ?
Les morsures, le venin, le sexe, le danger, manger et boire en s'étouffant de préférence, tout ce qui craint et qui tourne pas rond pour les autres. C’est ça qui l’excite Morsure.


Dernière édition par Morsure le Mer 21 Mai - 15:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Morsure   Mer 21 Mai - 15:32

Quel rêve faites-vous le plus souvent:


Mérès Templace (amant régulier de Morsure) :


Le rêve de Morsure c’était toujours le même, celui qu'elle vivait et c'était toute sa vie réunie.
Et le cauchemar des autres.




Quel cauchemar:

........ ambulance .......



Areta Justa Tamp (crash-test):


Pour les Nuits Lune de Miel, je portais toujours le même voile.
Mais selon le temps, je mettais une robe de mariée courte ou longue. Une nuit de fin août, dans une auto sans air conditionné, je n’allais pas mettre 10 couches de tulle et une robe en soie bien lourde par-dessus. Et puis on n’arrive plus à trouver le levier de vitesse, au milieu des jupons.
Par contre, une Nuit en plein hiver, en pleine tempête de neige, quand on roule dans des rues verglacées, le tulle peut vous empêcher de mourir gelée.



Fang dit le fou du pneu lisse (routier):

Je vous explique : quand on entre dans une équipe de Chauffards, c’est comme dans tous les sports. Si c’est une équipe déjà constituée, on commence à l’échelon le plus bas : Guetteur arrière gauche, c’est-à dire la place derrière le conducteur. La position numéro trois, c’est Guetteur arrière droit, la place derrière le Copilote. Numéro deux, c’est Copilote, à l’avant. Quand à Chauffeur, c’est comme être défenseur, milieu de terrain ou attaquant ou goal.
A la première place.
La place d’honneur.
La star.

Celle qui fait le plus de dégâts.


Tina Pamarre (chauffarde)


Ma vieille voiture – je l’appelais Chérie Bombe – elle a fini à la casse, butée à mort. Ce sont des choses qui arrivent, et dans ce cas, il faut tout recommencer au bas de l’échelle, derrière le crâne d’une autre conductrice qui, elle, a gardé ses 4 roues. Quelqu’un comme Areta Justa Tamp. Ne croyez pas que je hais Areta. Simplement, elle ment. Demandez-lui ce qu’elle fait pour vivre ; si elle vous répond autre chose que « je vends mon cul », quoi qu’elle dise, c’est un mensonge.


Areta Justa Tamp (crash-test):


Ecoutez bien: les Equipes d’une nuit, ce sont des équipes improvisées, avec des Chauffards trouvés dans la rue. Un « Requin », c’est un conducteur seul, qui cherche une équipe, que ce soit pour se protéger ou pour le plaisir de la compagnie.
Si t’as pas de voiture à toi, tu te postes sur le trottoir, à un coin de rue, le pouce tendu. Un gars en bagnole s’arrêtera toujours pour te demander :
« Tu joues ? »
Et toi tu dis :
« Qu’est ce que tu as de dispo ? »
Le type répondra :
« Il reste une place de Guetteur gauche. Tu as de l’argent pour l’essence ? »
Certaines équipes te demanderont si tu es capable de tourner très vite la tête, sans te bloquer, sans craquement.
Aucun intérêt d’avoir un Guetteur affligé d’un torticolis ou d’un problème cervical à cause d’un incident passé.
L’argent de l’essence, ce n’est pas obligatoire, mais ça montre jusqu’à quel point tu as envie de t’impliquer dans le jeu.



Tina Pamarre (chauffarde)


Il y a des pauvres mecs avec les vertèbres fusillées, ou bien dont tout le monde sait qu’ils ne voient rien dans le noir, ou qu’ils sont myopes, et tu les verras toute la soirée à faire le trottoir.
Peut-être qu’une équipe finira par le prendre, par pitié, en leur donnant un poste merdique. Dans une grande bagnole, un pauvre type peut récolter ce qu’on appelle le poste de « mascotte », au milieu de la banquette arrière, où tu n’as pas grand-chose à faire à part bavasser pour maintenir l’ambiance. Sinon ils restent là comme des cadeaux dont personne ne veut.
Si tu as le cou trop court ou une vue déficiente, alors tu n’as plus qu’à préparer un maximum de pognon pour l’essence, et prier pour qu’une grosse voiture s’arrête, avec une grande banquette.
Pour le reste, renouvelle ton stock de blagues et de flatteries.


Fang dit le fou du pneu lisse (routier):


La nuit où on a rencontré Morsure, elle sortait d’un grand hotel.
Et vous savez quoi ?
Elle monte et me donne 25 centimes.
Minable vous allez me dire.
Une pièce de 25 centimes pour l’essence.
A part que c’était une pièce en or, datée de 1887.


Extrait des carnets de Klaus Troff (historien et ami de Morsure) :

Le Crashing attire essentiellement des gens trop pauvres ou trop riches pour être engagés dans la course à l’argent qui est celle des classes moyennes.
Morsure n’a jamais rien eut à perdre, pauvre, ou riche.
Contrairement à beaucoup d’autres.


Areta Justa Tamp (crash-test):

Lorsqu’une voiture en bute une autre, devant elle les mariées sont projetées contre leur ceinture de sécurité, et le voile vous gifle le visage si violemment que l’on se retrouve avec des marques que les joueurs appellent « brulure de tulle ».
A cet instant le temps ralentit.
Toutes les centaines d’heures accumulées, les centaines de jours d’ennui – tout ça explose et s’engouffre dans cette demi-seconde.
Ce spasme.
Le choc contracte l’espace-temps en une demi-seconde de ralenti, qui dure des années.
La bagnole à moitié bousillée – alors que tu as tant économisé pour te l’offrir –, plus petite d’un tiers, mais ta vie, elle est regonflée.
Plus grande. Elle a retrouvé une échelle réelle, ou au-delà.
Les mariées sur le bord de la route, qui balancent du riz à toute volée, pour faire mal, essaient simplement de faire durer cet instant.
De tirer le maximum du spasme, jusqu’à la dernière goutte.

Sauf quand c’est Morsure qui conduit…. Là, ça vire carrément au cauchemar.



Fang dit le fou du pneu lisse (routier):


Moi, mon truc, c’est de trouver la bonne musique pour une Nuit de Crashing parfaitement réussie.


Areta Justa Tamp (crash-test):


Laissez tomber. La police n’a jamais retrouvé l’enfoirée qui s’était jetée sur la voiture et avait décimé ma famille. La dernière image que j’ai de mes parents, on était en bagnole. On passait notre temps en bagnole.
Ma mère conduisait une voiture grise, sa voiture de fonction, si abîmée qu’on aurait dit une feuille d’alu roulée en boule puis dépliée et lissée. En tant qu’ingénieur d’exploitation d’Infrastructure de Transport, elle me parlait sans cesse de la classification des options de débit :
Niveau de service E par opposition à K. elle s’arrêtait au milieu d’un pont d’autoroute pour regarder le flot de circulation au-dessous, et elle mes testait sur le Volume de la circulation horaire ou le paramètre Heure de pointe dans le calcul de la densité du trafic.
Je dormais allongée sur la banquette arrière quand quelqu’un nous est rentré dedans, en face, de plein fouet.


Sarah Lezpakeret (directrice marketing) :


La jeune femme qui est arrivée avait un bras, disons, atrophié. Son coude était plié et légèrement tordu, et la main paraissait rabougrie.
Les doigts étaient repliés dans la paume, et elle ne s’en servait jamais pour saisir ou soulever quoi que ce soit.
Du même côté, sa jambe était plus courte et elle semblait articulée au niveau de la hanche. Elle a traversé le salon comme si elle se balançait, avec un boitement prononcé.
Elle aurait été très jolie sans cette paralysie qui affectait tout le côté gauche de son visage, inerte, figé.
La pauvre chérie, au moment de finir une phrase, elle restait comme ça, bouche ouverte, essayant visiblement de s’arracher le mot exact.
C’était une torture de se forcer à ne pas la couper, à ne pas finir à sa place.
Après un verre de merlot, elle nous a expliqué que ses multiples handicaps venaient d’un même traumatisme du cerveau, un coup que sa mère lui avait porté à la tête.


Areta Justa Tamp (crash-test):

Tout à fait.
C’est ce que je dis.
Ma mère m’a frappée, c’est vrai.
Mon père aussi, mais pas de la manière dont je le laisse croire.
En fait, d’un point de vue purement technique, c’est moi qui les ai frappés.
Lors de l’impact, j’ai décollé de la banquette arrière et je suis venue heurter l’arrière de leur crâne.
L’officier de police sur les lieux ne l’a jamais consigné, mais je leur ai brisé la nuque à tous les deux.
Ma tête a heurté si fort celle de mon père que cela a causé un enfoncement de mon lobe temporal droit.
Le petit bras que vous voyez, c’est le bras que j’avais sensiblement à l’âge de huit ans.
Ma jambe a poussé, un peu
Quant à l’aphasie, lorsque je n’arrive pas à trouver mes mots, là, il y a un peu de cinéma.
Je fais comme si le dernier mot d’une phrase me restait en travers de la… de la…. de la….., je fais une pause… gorge.
Cela crée une tension, qui fait que les gens m’écoutent vraiment.
La voiture qui nous est rentrée dedans était une autre conduite intérieure grise, appartenant au Contrôle de la Circulation, exactement semblable à celle de ma mère.
Toute bousillée, toute cabossée.
Une collision de front.
De plein fouet, et ils n’ont jamais retrouvé la conductrice.
Parce que ça ils le savaient.
Ce qui me semble carrément…. Attendez… louche.




DRVR Radio Graphic Traffic:


Préparez-vous à ralentir et ouvrez grand les yeux, si vous devez emprunter l'échangeur de Patatruc vers l'est, au niveau de Cabron.
Tendez votre cou, et vous aurez une bonne vue sur un accident mortel impliquant deux véhicules sur la voie de gauche.
Le premier est une Plymouth Road Runner 1974 vert d'eau, quadruple carburateur, 6800 cc V8 en fonte.
intérieur blanc, à l'origine.
la conductrice du coupé était une superbe jeune femme de 24 ans, cheveux blonds méchés vert,
victime d'une fracture totale de la colonne vertébrale au niveau de l'articulation atlanto-occipitale, avec section de la moelle épinière.
autrement dit, le coup du lapin.
La voiture suiveuse était une superbe Rolls Royce couleur crème, deux portes hard-top, glaces de custode fixes, kit complet d'enjoliveurs chrome en option.
un vrai bonheur.
en vous dévissant le cou vous remarquerez que la conductrice de 29 ans s'est extirpée de son véhicule, la main sur le sternum
et a poussé une sorte cri tribal de ce genre
KAH-POWWWWWWWW..... mmm....MOUUUUUHHHHHHAAAAAAAHHHAAAAAAAAA
avant de prendre la fuite.




Zoïa Tjo (amie d’enfance) :

Non, vraiment, Morsure elle faisait pas de cauchemar.
C’était pas son truc.


Dernière édition par Morsure le Mer 21 Mai - 16:12, édité 3 fois
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Morsure
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MessageSujet: Re: Morsure   Mer 21 Mai - 15:46

Racontez moi enfin comment vous m'avez séduit dans l'arrière-salle du café, l'histoire que vous m'avez raconté,
et qui fait que je vous ai choisis parmi tant de candidats:



Je suis entrée dans ce café qui sentait la sueur, les alcools forts et la cigarette bon marché.
Tu mangeais, attablé avec cette femme que tu appelais Madame Clark, lorgnant de temps à autres ses seins démesurément charnus, c’était la pause.
Je me suis avancée et je t’ai demandé :

« Tu n’as jamais été mordu par un serpent ? »

Je portais une veste, alors tu ne pouvais pas savoir dans quel état étaient mes bras, pas plus que mes jambes cachées sous un pantalon.
Comme si c’était un point faible chez toi, j’ai commencé à insister, à te tanner, Whittier.

« Je n’arrive pas à croire qu’on puisse arriver à ton âge sans s’être jamais fait asperger par une mouffette…. »

Je t’ai dis ça comme si ta vie avait été complètement ratée, minable, sans intérêt.
J’ai secoué la tête, baissé les yeux sur ton assiette de spaghettis, soupiré.
Puis je me suis tournée un peu de côté et je t’ai regardé comme ça, d’un œil, et j’ai dis :

« Si tu n’as jamais eu la rage, alors tu n’as jamais vécu. »

Ce culot, c’est ce que tu as pensé, je t’ai entendu le penser que j’étais arrivée là comme une espèce de sainte, de sage sortie de la bouse et qui visiblement avait réussit à gravit les échelons du pouvoir.
De manière souterraine, OUAIS, inexplicable.
Parce que la nana que tu avais sous les yeux n’était même pas capable de se servir d’un levier de vitesses au volant.
Et jusqu’à ce soir-là, dans cette arrière-salle de café miteux qui ne te ressemblait pas, elle n’avait jamais vu la tête d’un ravioli.

Tu t’es dis :
« Se faire mordre par un serpent à sonnette, c’est plutôt roots »
Même si j’étais sapée Chanel de la tête aux pieds.
En tenue de camouflage.
T'as percé.
Je l'ai vu dans tes yeux: mon atavisme, tous les restes, toutes les traces.
Mais j'ai fais comme si de rien.

Et puis je suis revenue, cette fois les deux mains sur la table, j’ai écarté ton assiette, et vidé ton verre de piquette qui te donnait une haleine plus fétide que celle d’un alligator affamé et j’ai dis:

« Alors que les gamines de mon âge sniffaient de l’essence ou de la colle à maquette, moi je m’allongeais sur le ventre dans le sable, en plein soleil, à côté d’une touffe de sauge.
La plupart des autres gosses essayaient de fuir la réalité, alors que moi j’essayais de m’y préparer.
Mes parents, ma famille, mes amis, personne n’aura pu comprendre quoi que ce soit à ce que je faisais.
Ces trous sous les pierres que d’autres auraient trouvé infects et que je soulevais, ces endroits où je n’y voyais rien, tout ça, c’était comme… la représentation de l’avenir. D’avoir enfoncé ma main dans l’obscurité, et de l’avoir retirée sans en mourir, j’avais presque moins peur.
Je roulais une jambe de pantalon, tendais une jambe.
Assise sur le sable en plein désert j’enfonçais doucement mon pied nu dans un terrier de coyote, lentement, comme on vérifie la température du bain avec le gros orteil. Pour voir s’il est trop chaud, ou pas assez.
Je plantais mes bras dans le sable jusqu’à la garde, je fermais les yeux, paupières serrées, en apnée, retenant un maximum d’air dans ma poitrine.
Au fond du trou, une moufette, un raton laveur, une maman coyote avec ses petits, ou un serpent à sonnette. Le contact de la fourrure douce ou des écailles lisses, chaud ou frais, puis – kah-pow – c’était la morsure, et toute ma jambe était secouée. Et je ne la retirais jamais, comme la plupart des gens auraient fait, en aggravant la morsure des dents toujours plantées dans ma chair.
Non, moi je les laissais se desserrer d’elles-mêmes. Me mordre une deuxième fois parfois.
S’enfoncer profondément.
Puis relâcher.
Laisser tomber.
Ensuite c’était un reniflement, une haleine chaude contre mes orteils.
Et sous la terre, la sensation d’une langue humide léchant mon sang.
Je retirais mon pied, la peau toute mâchée, tout abîmée, mais nettoyée à coups de langue, sans une trace de terre.
Saignant aussi – drip-drip-drip –, d’un sang bien rouge, pur.
Rien de plus pur en ce monde que la douleur, et le sang.
Mes yeux n’étaient plus que deux immenses pupilles dilatés, deux disques noirs.
J’ôtais mon autre chaussure, mon autre chaussette, je roulais mon autre jambe de pantalon, et fourrais une autre partie de mon corps, nue, dans l’obscurité sous la terre, pour voir ce qui arriverait.
Pendant tout l’été, mes orteils et mes doigts demeuraient mâchonnés, à vif, suintant le sang. Une morsure par ici, une piqûre par là, je me préparais à quelque chose de plus grand.
Je me vaccinais contre la peur.
Quoi que me réserverais l’avenir à ce moment là, un boulot lamentable, un mariage raté, ce devrait être plus supportable que les mâchoires d’un coyote sur mon pied nu.

Je te promets de te donner tout ce que je viens de te raconter.
Précisément la même sensation le jour bénie de ton dépucelage immunitaire et cérébral quand je te rendrais mon manuscrit, en main propre. Tu auras cette impression de relever tes pantalons et de mettre des deux guiboles dans un terrier dont tu ne sais rien.
Et je te promets, la bonne, la vraie morsure, Whittier.





Comment avez-vous connu Cachtíc ?

En mettant mon bras dans un trou de vieux un jour de mai.


J'accepte que mon personnage disparaisse au cours de l'aventure à quelque moment que ce soit si cela est nécessaire au déroulement de l'intrigue. Quand j’aurais contaminé tout le monde.


soupir




chescha [hrp] merci à ceux qui auront suffisement de masochisme et autre perversion patience et de courage pour me lire jusqu'au bout.Je crois que maintenant je vais faire un stage intensif à Bambiland avec mon Bisounourslapin et regarder Candy tous les jours sur le cable en bouffant des hosties acides [/hrp] chescha
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M. Whittier
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Schéma anatomique
Age: je parierais pour centenaire....

MessageSujet: Re: Morsure   Mer 21 Mai - 16:32

mu


Met son casque, son protège-dents, ses genouillères, attache sa ceinture de sécurité chromée sur sa chaise anti-sismique, plonge son bras dans le trou noir de la boîte à gants en serrant les fesses et tourne enfin la tête côté conducteur


"Chai encore choin la merch.....? ....! Non mais parche que là cheee me cheens tout pachtraque d'un couphh...."




soupir


Fiche Validée I love you

Sors de ton carrosse et va tapiner copine, aujourd'hui c'est grâce au Petit jésus pas toi qui conduit affraid

_________________
"parce que je suis toujours un garçon en pleine croissance" O_o'
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