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 Une simple Bulle/ éclatée

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Bulle
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Schéma anatomique
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MessageSujet: Une simple Bulle/ éclatée   Sam 3 Mai - 20:15

Ce "Surnom" d'où vient il :

Bulle.
Ça éclate.
Ça pétille.
C’est fragile.
C’est si…éphèmère…



Vous connaissez les supers nanas ? Bulle, Belle et Rebelle.
Bulle, c’est la petite blonde avec les grands yeux bleus énormes.
Bulle, c’est la petite blonde qui a peur du noir et qui aime les bonbons.
Bulle, c’est moi.

Age : 27
Profession: Acrobate, puis femme au foyer, puis mime. A vaguement été hypnotiseuse dans l’illégalité. Survit à base de petits boulots : éboueuse, laveuse de carreaux, caissière, serveuse...Vous l’avez forcément déjà croisé quelque part, avant, parce qu’elle a été partout, après avoir été une star.

Bagage :


Le bagage est un être à part. Il ne fait pas qu’accompagner Bulle. Il ne fait pas qu’appartenir à Bulle. Il possède sa propre vie de bagage.
C’est une valise, assez petite, sur roulettes, que Bulle fait traîner derrière elle. Ses roues sont vieilles, usées. Un reste de chewing-gum s’est incrusté à l’intérieur. Sa couleur…c’est la couleur des vieilles choses, gâtées, dont on s’occupe bien, qui passe des années à rouler leur bosse aux quatre coins du monde, engluant toutes les poussières aux senteurs exotiques.
La valise a une jolie forme allongée. Elle pourrait plaire à n’importe quel jeune et fougueux sac à main, mais la pauvre valise est bien trop vieille pour ces histoires d’amour maintenant. Elle a pourtant fréquenté d’autres valises, d’autres sacs, dans les containers des avions, ou dans les embarcations de trains, mais voilà, tout ça, pour elle, c’est du passé.

La valise produit un petit bruit lorsqu’elle roule. Un petit grincement qui crépite à vos oreilles. Un petit quelque chose qui fait « gling gling » : c’est le grelot accroché à l’anse qui se balance au gré du vent. Un vieux bout de papier pendouille malheureusement sur un côté : la SNCF demande gracieusement à tous ses voyageurs de bien vouloir étiqueter leur bagage pour ne pas qu’ils soient considérés comme des colis abandonnés.
Et la valise ne veut pas être abandonnée. Elle aime trop sa petite maîtresse. Sa petite Bulle.
La valise contient plein de petites affaires en désordre.
Des sous-vêtements, des chaussettes, taille 34 s’il vous plaît, et oh ! , une bouteille d’eau, deux jupes courtes, trois pantalons, différents hauts, deux sweats à capuches, une serviette de bain, un paquet de serviette hygiénique, et…
Oh. Surprenant.
Une mini radio portable et une vingtaine d’albums s’entasse difficilement dans un coin. Eh oui, la valise est forte, elle peut porter beaucoup plus de choses qu’on ne pense. Quelle valise mystérieuse !
Et encore, vous n’avez pas tout vu. Car la valise est maligne : elle possède un double-fond ! A l’intérieur, une trousse de cosmétiques, un appareil photo, des piles, un chargeur de pile.
La valise grelotte, les fermetures se raillent ; bientôt elle va craquer.

Physionomie:
27 années ont heurté ce petit corps souple. Elles se sont brisées, échinées, tordues, et sont passées comme de l’écume sur les plumes d’un cygne.
Bulle, elle a l’air de s’envoler. On ne sait pas trop ce qui la retient à terre. Elle serait tellement mieux…là-haut. Dans le ciel. Dans les étoiles. Dans les nuages. N’importe où, mais pas sur terre, pas dans un métro, non, non ! Bulle, elle pourrait se casser, elle pourrait se tordre un os et se trouer à la peau à chaque respiration. Bulle est si…si…fragile. Si fine, si intangible. Il suffirait d’un coup de vent pour l’emporter ailleurs. Il suffirait que la porte du métro se ferme sur elle pour la casser en deux.
Bulle n’est pas très grande.

Bulle n’est pas très grosse. Bulle n’est pas très effrayante. Mais Bulle a de beaux yeux. De belles dents. Une jolie bouche. Il faut savoir regarder pour le voir, mais elle est là, cette petite beauté pure, un peu naïve, un peu nouvelle, un peu fraîche sur ce qui vous semble une jeune ado. C’est une beauté toute petite, à peine remarquable, une beauté coulante qui glisse du regard et de la mémoire, et il faut du temps pour la voir, de l’amour pour l’admirer. C’est une beauté toute petite. Comme Bulle.

Comme la super nana, Bulle est blonde, et ce n’est pas une coloration, elle a toujours été blonde comme le soleil naissant. Blonde comme le crayon de couleur jaune doré qu’elle devait utiliser pour colorier les densités de population dans le monde – et le jaune, c’était pour les petites populations. Peut-être que c’était de l’ironie céleste. Peut-être qu’une étoile s’est dit : « on va faire transformer une poussière de comète en humaine miniature. Et chaque jour de sa petite vie, on lui rappellera comme nous sommes plus grandes, plus belles, plus brillantes, plus bêtes, plus charmantes, et que nous, on ne nous a pas abandonné sur Terre comme des débris stellaires. Et on lui fera les cheveux aussi jaunes que les petites densités de population, pour lui rappeler combien elle est ridicule, combien elle est terrestre, et qu’elle s’égorge de sa petitesse craquante un peu plus tous les jours.»
Bulle a un visage ombré de deux yeux bulle à la place des yeux. L’un est bleu marine, bleu nuit, bleu noir comme un grain de soleil éclipsé par la lune ; l’autre, il est bleu clair, azur frémissant de l’océan Atlantique quand le soleil se réverbère entre les vagues et les coulis.

Bulle, c’est un surréalisme à elle toute seule, c’est un rêve échappé de son sein maternel échancré, qui ne se définit pas, qui ne se dit pas, qui ne se regarde pas ; et chacun la verra à sa propre façon, adaptable, puisque Bulle ne passe en général que comme un éclair devant le visage des grandes personnes.
Parce que vous pourrez très bien la reconnaître. Vous l’avez peut-être déjà vu…sur l’affiche d’un cirque. Vous l’avez peut-être déjà, pimpante et légère dans ses 16 ans, virevoltant de trapèzes en trapèzes, de bras en bras, de fil en fil, dompter les tigres, et marcher sur les mains dans un costume brillant.
Vous l’avez peut-être vu, errante dans les nuits d’hiver, se débattant avec appétit pour le moindre boulot. Peut-être que c’est elle qui vous a mal servi dans ce vieux restaurant chinois. Elle n’a pas changé, elle n’a pas pris une ride sur sa peau de pêche.
La seule marque que la vie a su imposer sur ce corps, c’est un reste de cicatrice au niveau du coude et des genoux ; vous vous rappelez, maintenant, cette jolie acrobate qui un jour a voulu virevolter sans filet ?

Caractère:
Je suis un avion en papier, dit la dame.

Ah bon ? je pensais qu’elle était une bulle, fit une petite voix enfantine.

Non, non, aujourd’hui je suis un avion en papier. Je vole. Je virevolte. Je disparais. C’est mon métier. Je suis l’atmosphère, légère, et si loin du sol, si loin du matériel.

Tu n’es plus une bulle alors, maman ? je ne comprends pas !

Chérie, chérie, tais-toi, écoute, regarde les étoiles, sens le petit parfum d’encens que ton père a oublié d’allumer ; imagine que tu es un avion en papier.

Je suis un avion en papier.
Tu voles.
Je vole.
Tu voyages….
Je voyage.
Tu vois le monde !
Le monde ?

Le monde entier ! Les gratte-ciels te regardent avec envie, les nuages foulent tes pieds. C’est bleu, en dessous. C’est chaud. Ça bout. Comme de l’eau avant qu’on n’y mette les pâtes.

Oui mais des Panzani, maman.
Oui, c’est ça. Y a plein de Panzani en-dessous. Et toi, tu es au-dessus. Où es-tu, chérie ?
Je suis haut.
Mais où ?
Haut comme l’infini. Je suis sur la lune.
C’est bien, ma chérie, c’est bien. Ferme les yeux.

Respire, inspire, expire, laisse-toi aller, juste quelques secondes.

Et maintenant, tu t’endors.
Je dors.
Profondément.
Profon…

Tu es sur la Lune, tu dors, et tu rêves soudain que tu es un avion en papier…et tu rêves que tu remontes loin, loin, dans le passé, à l’époque où papa et maman étaient encore ensemble…et papa te prend dans tes bras…

Je suis bien maman.
Et il regarde la télé avec toi…
Je suis si bien…
Et il t’aime.
…et je l’aime…
Tu ne feras pas de cauchemars ; tu es avec ton papa.
Je…je n’ai pas peur…du noir…


La blonde dépose un simple baiser sur le front de sa fille qui s’est endormie, lovée contre un père…imaginaire.
Bulle, elle est rêveuse, elle est ailleurs, mais elle est adulte.
Une adulte qui ne pourra plus jamais redevenir jeune.
Alors elle reste un peu timide, un peu gênée, toujours tolérante, toujours sympathique, mais jamais là. Dans sa tête, dans son monde, dans sa bulle, elle est toujours le petit avion en papier, l’acrobate, celle qui faisait rêver les étoiles, celle que la gravité laissait aller comme un nénuphar sur un océan déchaîné.

Elle est adulte, aussi, c’est une grande personne, avec des responsabilités que toutes les mamans connaissent. Elle a épousé un homme, il y a longtemps, elle an gardé l’enfant lorsqu’il est parti ; c’est une petite fille, blonde, avec des fleurs dans les yeux, et un petit sourire triste.
Bulle est protectrice. Elle n’a pas envie que son bébé se fasse mal. Elle travaille durs, très durs, tous les jours, pour pouvoir acheter des Panzani à son bébé, et pour pouvoir payer l’abonnement télé. Ses parents l’aident beaucoup, ils gardent souvent la gamine le week-end, et lui payent ses visites médicales. Ils l’amènent à l’école, lui font à manger le midi.
En fait, Bulle, elle vous évite, depuis qu’elle sait que le monde est fait de malades, de fous, de pédophiles et de psychopathes. Elle se méfie, elle a 27 ans, on ne la roule pas si facilement. Elle se défend et se bataille, s’acharne et s’arrache.
Elle n’est pas tout à fait dans le même monde que vous. Elle est dans le monde des mamans divorcées sans travail, aux genoux et aux bras brisés, elle est dans le monde du commun des mortels de classe moyenne qui ne sont ni riches ni pauvres et qui prennent tous les jours le métro en priant pour ne pas se faire agresser.


Ce que vous fuyez avec tant d'ardeur: Je fuis l’absence de boulot, l’absence de revenus mensuels. Je fuis le passé.
Quel mot avez vous laissé avant de tout quitter:
C’était un petit mot, comme seule Bulle savait les faire, sur la table du petit-déjeuner.
« Comment disparaître complètement, scène 1, acte 1. On fera comme si rien ne s’était passé. »

Portrait familial:
La famille de Bulle, c’est un très grand puzzle. Tout le monde s’est quitté, séparé, divorcé, réunit, rassemblé, et on ne sait plus trop qui est le père, qui est l’oncle, qui est le vieux.
Bulle avait un père, une mère, mais ils ne s’entendaient pas. Chacun s’est remis avec un autre. Sa mère a eu beaucoup de mal, elle a erré de bras en bras, avant de trouver l’amour, mais elle l’a trouvé et a pu s’y reposer.

Son père, c’est un homme un peu dur, un peu froid, élevé à l’ancienne, mais toujours gentil malgré tout. Il ne cherche pas à faire mal aux gens ; il le fait sans le faire exprès, et s’excuse en achetant des bonbons. Sa mère, c’est une femme énergique, d’une riche famille, qui s’est battue toute sa vie pour garder la meilleure place sur le canapé familial. Elle a toujours été aux petits soins de sa fille, et l’a énormément aidé. Ça ne l’empêche pas d’être un peu vaniteuse et égoïste, mais elle s’occupe toujours de tout le monde quand même.

Ensuite, il y a sa fille, bien sûr, son bébé, son fœtus, le fruit d’une union amoureuse dévastatrice, qui voit son père pendant les vacances, et va passer 3 mois avec lui.
L’ex-mari, le bel homme, un peu radin, très égoïste, qui ne l’aidait jamais à faire le ménage, et qui pinaille toujours sur la pension alimentaire. Mais il n’a jamais été cruel et a apporté de l’aide à Bulle, plusieurs fois, pour l’aider à déménager, par exemple. Il était le magicien dans le cirque où elle travaillait.

Portrait que votre famille ferait de vous:
Pour eux, Bulle, c’est une fille sensible, fleur de peau, qui attend d’éclore, qui s’est fermée depuis qu’elle a dû abandonner l’art du cirque. C’est un objet précieux et fragile, et pourtant, on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment, mais il est resté là, tenace. Courageuse, la Bulle ? Oui, oui, comme sa grand-mère, qui était Résistante. Bulle, pour eux, c’est quelqu’un qui mériterait plus que ce qu’on veut bien lui donner.

Manie(s), tic(s), maladie(s), phobie(s), obsession(s), antécédent(s):
Bulle est en ré-éducation permanente. Chaque jour, elle doit exécuter plusieurs entraînements ; elle a retrouvé sa souplesse passée, mais il lui reste la peur du vertige, la peur du vide, qui lui bouffe le ventre et lui grignote les intestins. Elle ne peut pas remonter là-haut. Si haut. Elle a trop peur de tomber encore. Elle progresse, petit à petit, tous les jours, pour vaincre cette peur lancinante qui fait que le 15e étage est devenu son ennemi mortel depuis 8 ans. Nauséeuse.

Quel genre d'écrivain croyez-vous être: Je crois être le genre inconnu qui apparaît, comme ça, du jour au lendemain, et qui touche tout le monde avec deux trois mots, avant de disparaître des mémoires. Je crois être le genre acrobate, qui une fois tombée, écrasée au sol, ne retrouve plus le courage de monter les planches. Je crois être le genre qui fait des avions en papier qui sont des appels au secours.

Quel chef-d'œuvre comptez-vous écrire: J’aimerai…j’aimerai raconter toutes nos vies, à nous…à tous ceux qui seront là, avec moi…je voudrai juste que ce livre soit beau, soit triste, soit drôle, qu’il soit sage ; qu’il dévoile juste comme nos vies sont déjà une œuvre à part entière…
Quel est votre vœu le plus cher: J’aimerai trouver l’homme dont je rêve, tout le temps, qui est là, dans mes cauchemars, dans mes rêves, partout dans mon subconscient…et je voudrais…je voudrais le connaître et qu’il parte enfin de ma tête.

Vers quoi ou vers qui s'oriente votre désir de vengeance: Mon cœur est trop plein, trop lourd, trop léger, pour y contenir de la vengeance. Je veux jute…prouver aux autres…ce que je suis, ce que nous sommes. Que nous existons. Tous des fragments qu’il faudrait recoller…et pas en se battant…pas en se fâchant…je ne veux plus de batailles qui font mal. Jamais.
Avez -vous un casier judiciaire: J’ai travaillé au noir comme hypnotiseuse. Ça a laissé quelques marques…
Orientation politique: communiste
Orientation sexuelle: hétéro
Quel est votre plat préféré: Les pâtes Panzani
Celui que vous détestez: Tous ceux que je mange au boulot au lieu d’être avec ma fille.
Quelles sont les raisons qui vous ont fait écrire ou vous feront écrire:

J’ai écrit lorsque j’ai été hospitalisée. Je ne savais pas que je pouvais le faire. J’ai juste parlé, comme ça, dans le vide, j’ai juste écrit, les sons, les douleurs, les cassures, la beauté, et puis c’était comme une recette de cuisine : j’ai tout mélangé, tout tassé, tout mixé, et ça a pris forme, comme un pot-au-feu. C’est comme faire l’amour. Il faut ouvrir son âme. Même lorsqu’on n’a plus de corps. C’est pour ça que j’ai écrit, c’est par amour que je continuerai.
Croyez-vous en votre inconscient: J’ai fait de l’hypnose…j’ai entendu tellement de choses…je peux croire n’importe quoi, n’importe qui, mais pas celui qui me dira que l’inconscient n’existe pas.
Qui est votre idole: Un célèbre acrobate hollandais.
De quoi avez-vous peur de manquer pendant ces trois mois: Ma fille va terriblement me manquer.
Ce qui vous excite: Je…il y a des mineurs ici, peut-être ? C’est…étrange…comme question. Ce qui m’excite, c’est les massages, les bains, les douches, mais surtout, surtout, un homme au regard brillant.


Dernière édition par Bulle le Lun 5 Mai - 20:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une simple Bulle/ éclatée   Sam 3 Mai - 20:16

Ambiance

Quel rêve faites vous le plus souvent:

Je rêve que…je suis un avion en papier…et je fais le tour du monde…comme j’aimerai faire le tour du monde !....
Et là, brusquement, je suis sur scène. Les projecteurs m’illuminent. Je suis belle. Je suis jeune. Les hommes m’aiment, m’admirent. Je souris, m’élance, joue les funambules, joue les filles de l’air. Je suis à Hong Kong, je suis à New York, je suis dans le Sahara, je suis dans un corail australien, et je tourne la tête, et je vois cet homme qui me dévisage,, je ne le connais pas, je ne l’ai jamais vu, pourtant je sais que je devrais le connaître. Le temps s’arrête, je crois, alors que les images défilent en arrière-plan : Marseille, Tolède, Lisbonne, Cameroun, Katmandou…
Je veux lui demander qui il est, mais il ne répond pas, il est juste là, et il tire un jeu à bulle de sa poche. Il souffle dedans et crée un escalier de bulles, je monte dessus, je monte, je monte, j’atteint la Lune, j’atteint l’infini,je me sens terriblement bien.

Quel cauchemar:
Je revois le jour où je suis tombée, aplatie, écrasée, abattue, et je suis en fait le Wolrd Trade Center, et des milliers de gens hurlent dans mon corps, grouillent dans mes artères, tamponnent mes neurones, je ne peux plus réfléchir, j’ai peur, j’ai mal, j’ai le cœur qui explose, je saigne, j’ai horreur du sang, ça crie, ça brûle, ça pique, je ne pensais pas qu’un jour je tomberai, j’étais si haut, si bien, et j’essaie de me rattraper, mais je ne peux pas, je tombe, je tombe…et je le vois, encore, il n’a pas l’air d’avoir peur, il pleure en me regardant. Je m’écrase, je tombe, je suis aplatie, je l’aime je crois, je l’aime et je ne suis pas avec lui, je tombe tellement loin, et les gens dans moi, partout dans mes cellules !....
Je tombe, à ses pieds, les gens dans mon corps se taisent, je ne suis plus le Wolrd Trade Center, je suis juste la petite fille, la petite Bulle, dans une pièce de 5 mètres carrés, je serre mon doudou contre moi et je pleure, l’homme se penche vers moi, il sourit, il veut me couper les jambes ! Alors j’ai peur et je me défends, mais je tombe encore plus loin, encore plus bas, et il me rattrape, il me sourit très, très gentiment, il dit que ça va aller, que ça s’arrangera, que tout ira bien, qu’il m’aime quand même, au fond, que je dois dormir, dormir, et je lui plante un piqûre dans le bras, alors c’est lui qui s’endort, à côté de moi, et…je crois qu’il était si beau…et j’ai peur, encore, atrocement peur, comme si j’étais face à un fantôme, alors je ne sais pas pourquoi, mais je le tue…et ça me fait terriblement souffrir, je crois que je meurs, aussi, finalement….ça m’a semblé une si longue éternité.

Racontez moi enfin comment vous m'avez séduit dans l'arrière-salle du café, l'histoire que vous m'avez raconté,
et qui fait que je vous ai choisis parmi tant de candidats:


Bulle prend place en face de vous. Elle se pose comme un cygne et perd ses plumes soyeuses dans son gobelet de café. Impossible de la regarder dans les yeux. Les prunelles bougent, dansent, disparaissent, tournent, et Bulle ne semble même pas vous regarder, elle regarde quoi, d’ailleurs ? Elle regarde quoi, comme ça, cette fille ?

Bulle s’étend un peu dans le chaise, mais non, finalement ça lui fait mal au dos, alors elle se tasse un peu plus et resserre ses genoux fins et soyeux contre elle, étendant son bras droit sur l’accoudoir, collant son bras gauche contre sa petite poitrine abricot. Elle vous demande si ça va, elle est un peu inquiète, elle a vu que vous veniez d’être agressé par un type, à vrai dire ça ne la rassure pas trop, elle a peur de se faire mal elle aussi, à se frotter contre de telles épines.

Bulle vous parle un peu, répond à vos questions, sourit, bat des cils, serre son gobelet en plastique de plus en plus fort, comme elle aurait serré la main de sa fille, si elle avait pu.
D’ailleurs, elle vous montre sa photo. La gamine, vous vous en moquez un peu, mais Bulle insiste, vous fait croire que vous vous y intéressez, finalement. Elle cherche la rousse siliconée comme un melon, oui, oui, elle est mignonne, la gamine. Bulle est rassurée, Bulle est contente, si sa fille plaît, tout va bien. Elle range la photo dans son porte-monnaie, se plaint du bazar qu’il y a toujours dans ses papiers, fait tomber une liasse de billets au sol sous le regard de la salle.
Ses joues rougissent, elle se dépêche de récupérer son argent et le serre contre son petit corps avant de tourner son regard larmoyant vers vous.


« S’il vous plaît, ne m’oubliez pas parmi tous ces gens ! Me laissez pas ! Vous êtes ma seule chance, vous comprenez ? C’est un enjeu très, très important pour moi ! Ce n’est pas du faux, ce que j’écris, ce que je dis, ce n’est pas des sentiments plastiques, recyclés et emballés pour paraître joli, c’est du pur, du brut, du mal-membré à souhait, un fœtus de vie prématuré, vous aimerez, vous n’aimerez pas, mais ce ne sera pas…pas minable ! Je ne suis pas minable ! Vous ne pouvez pas…m’oublier ici.
J’ai envie d’écrire. J’ai envie de réussir. Je suis mère, vous comprenez ? Je survivrai à tout ce que vous voudrez m’infliger. J’écrirai avec ma sueur s’il le faut. Avec mon sang, avec mes larmes, avec tout, mais…prenez-moi. Je ne suis pas seule ! J’ai une fille !... »


Elle baisse les yeux, regarde ses pieds, retient ses larmes si durement enfermées.

« …j’ai deux enfants, vous comprenez ? Et…et si…si je continue à travailler…comme je le fais…pour survivre…je… »

Le gobelet de café explose sous la pression moite de sa main. La bulle s’éclate, s’estompe, s’affole.

« J’en peux plus, je suis fatiguée, épuisée…je n’ai plus envie de murmurer, je veux crier…. Je veux… »

Elle ne remarque pas le café qui dégouline de ses cheveux dorés. Dorés comme les crayons de couleur. Son œil tapis de nuit, son œil nuage, doux, si doux, il pleure, le pauvre. Et son jumeau coquillage azur tempête de folie, d’envie.

« Je veux que mon deuxième enfant vienne au monde… et ce n’est pas possible…avec mes conditions de travail…et le père… »

Ses épaules blanches et fatiguées de porter le poids de leur petite vie commune tremblent.


« Ne dispose pas d’assez de revenus…pour m’aider correctement…il est serveur…dans un café… »
« Mon ex-mari m’envoie une pension alimentaire de 750€, le loyer me coûte 480€, et puis il y a le chauffage ! Le chauffage en inflation ! Et les habits. Il lui faut des habits, à ma fille. Je ne veux pas que les gosses la rejettent à l’école parce qu’elle n’a pas les baskets Barbie. C’est horrible, ce que font les gamins, à cet âge-là !

Ils…ils pourraient la laisser toute seule à la récré. Je n’ai pas envie que ma fille soit toute seule tout le temps. Elle l’est déjà assez avec moi – sans moi. Je ne suis jamais là pour elle. Jamais. Je suis sa mère et je ne suis pas là. C’est honteux. C’est minable. Elle m’attend, le soir, vous savez ? Elle attend que je rentre, même si je rentre à 10h, elle est là. Elle ne dort pas la nuit. Elle a peur du noir. Elle a peur des fantômes. Elle veut de la lumière. Elle veut quelqu’un avec elle. Elle n’a jamais personne, quand elle rentre de l’école. A part papi et mami. Ils sont gentils. Ils m’aident. Mais ils sont vieux. Ils ne peuvent pas faire ça tout le temps. Et ma fille ne dort qu’avec moi. Je dois l’hypnotiser, vous vous rendez compte ? Je dois l’hypnotiser pour qu’elle dorme….
Je ne veux plus laisser ma fille seule à la sortie de l’école ! Non ! Si elle se faisait agressée ? Rachetée ? Si elle essayait de se droguer, plus tard ? Ma fille, mon amour, mon cœur, ma puce, se droguer parce que je n’ai pas pu l’attendre à la sortie de l’école … !!»


C’est une peine vieille comme le monde. C’est le même drame rejoué des dizaine et des dizaine de fois. C’est une bulle noyée dans un monde de café au lait sans sucre.

« Et si elle devenait ingrate avec moi ? Si elle ne reconnaissait pas chaque petit boulot que j’ai fait pour elle ? Si elle ne se rendait pas compte que j’avais le choix entre elle et la survie de son frère ? ça fait mal, vous savez, de s’endormir le soir en se disant « lequel vais-je choisir ? lequel vais-je garder ? En choisir un c’est abandonner l’autre….»
Regardez-moi, monsieur, je ne suis plus qu’un débris passé, j’ai 27 ans, monsieur, 27 ans et je n’ai plus de jeunesse, j’ai fini ma crise d’ado, je ne traîne plus en boîtes, je ne fume plus, monsieur, je serai sage, je serai douce, monsieur, vous n’aurez jamais vu plus beau roman, monsieur, il vous sera dédicacé, monsieur, je vous demande juste de ne pas m’oublier, pas déjà, pas maintenant, jamais, parce que j’existe, moi aussi, dans ce petit F3, j’existe, j’ai ma vie que je traîne derrière moi comme la hotte du Père Noël, les cadeaux en moins, et si vous me donnez ma chance, monsieur, je ferai de ma vie un magnifique roman, je ferai de toutes nos vies un roman, je raconterai la vôtre, puis la leur, à ceux qui viendront, à ceux qui seront oubliés, à ceux qui sont ailleurs, la mienne, celle de mes enfants, je raconterai le monde, pour que les gens ne souffrent plus d’être seuls, monsieur, faites-moi confiance, monsieur, je ne tomberai pas…pas cette fois….

Monsieur, ce n’est pas pour moi qui faut le faire, c’est pour ma fille, c’est pour son père, c’est pour son frère qui grandit un peu, doucement, dans mon petit ventre plat et creux, c’est pour leurs vies ! Donnez-moi votre paradis, s’il vous plaît, donnez-moi votre rêve, j’en bâtirai un ciel, j’en ferai un feu d’artifice, j’en ferai un miracle, je n’ai pas eu beaucoup de chance dans ma vie monsieur, j’ai été une star, peut-être me connaissez-vous, monsieur, mais je n’ai pas eu de chance, j’ai cru pouvoir défier la gravité, une fois de trop, monsieur, c’est déjà assez ; mais vous, ce n’est pas pareil, hein ? Je n’aurais pas de problèmes avec vous, hein ? Pas de souffrances. Pas de blessures. Pas de plaies à recoudre à l’aiguille brûlante. Juste…écrire. Je le ferai bien, monsieur, je fais tout bien. C’est mieux que de laver les carreaux. C’est mieux que de ramasser les poubelles le matin. C’est mieux que se faire harcelée par son patron. C’est mieux que…que…ne pas aller chercher ma fille à l’école le soir…ni lui préparer son petit-déjeuner le matin, quand elle se lève…c’est mieux que d’attendre dans sa petite bulle que le sauveur vienne…et de la voir…le soir…qui m’attend devant la même chaîne de télé, Cartoon Network…
Monsieur, prenez-moi, protégez-moi de ce monde fou, je ne veux pas les perdre ! Ils sont les seuls qui me sont précieux, et ce sont les seuls que je laisse…seuls. »




Comment avez-vous connu Cachtíc? J'y suis déjà.


J'accepte que mon personnage disparaisse au cours de l'aventure à quelque moment que ce soit si cela est nécessaire au déroulement de l'intrigue.
(bien que, pensez à ma famille, j’ai des responsabilités, vous ne pouvez pas tuer une mère de famille comme ça non !)
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MessageSujet: Re: Une simple Bulle/ éclatée   Lun 5 Mai - 22:50

Suspect



....




ouuua


....




Mademoiselle Bulle je vous prie de garder une distance réglementaire avec moi D'AU MOINS 4 mètres question d'hygiène mentale

Bon voyage...

à vous deux vampire ( Crying or Very sad )



Fiche Validée



*c'est pas humain d'être MMJ, je vous jure lol! *
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MessageSujet: Re: Une simple Bulle/ éclatée   Dim 19 Avr - 13:48

R.I.P







Bulle et son locataire




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