Ne trahissez pas votre promesse.
 
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 C.I.A ou l'histoire de la véritable bourgeoisie moderne / mort calciné

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CIA
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MessageSujet: C.I.A ou l'histoire de la véritable bourgeoisie moderne / mort calciné   Ven 4 Juil - 1:28

[1/4]




Ce "Surnom" d'où vient-il :

Entre 15 et 18 ans, lorsque ses parents partaient en week-end ou en séminaire, CIA avait pour habitude de recevoir une dizaine de ses amis chez lui, dans sa maison à Marienthal, et de sortir une cinquantaine de bières et environ cinq bouteilles d’alcools forts. Malgré le fait que l’organisation dépendait de lui, il ne se privait pas pour autant et abusait sans vergogne des liqueurs et autres cocktails qu’il avait spécialement achetés pour ses invités. Tant et si bien que systématiquement, les soirées se terminaient avec la tête au fond des toilettes, ou au-dessus de sa pelouse, ou au-dessus d’un lavabo, ou dans un seau, ou bien même au-dessus d’une corbeille à papier. Quelques fois avec son meilleur ami, ils allaient se saouler avec deux ou trois autres personnes dans les champs de Kriegsheim, à moins d’une dizaine de kilomètres de Marienthal.
Alors pour son anniversaire, un de ses amis en Seconde lui avait offert un petit porte clé en forme de losange, jaune vif, sur lequel était inscrit : « C.I.A. Complètement Imbibé d’Alcool ». Et depuis, c’est resté, particulièrement dans les soirées étudiantes et autres Open Bars durant lesquels ce surnom allait de soi.

« Mais putain Bob, arrête de peloter Claire ! Vas, vas, vas, vas aider Pauline quoi, Thibaut est en train gerber sur la terrasse quoi, je suis trop bourrey pour l’aider quoi alors vas-y quoi ! Ah et après, viens dans la cuisine, on se refait une tek-paf ! »
De CIA à Bob, un ami, par une soirée d’Avril, avec un taux d’alcoolémie d’environ 2 g d’éthanol par litre de sang.



Age : 19 ans, 20 dans quatre mois.
« Oh merci beaucoup ! Attendez, j’vais l’ouvrir ! … … … … Oh… C’est une magnifique euh… poupée gonflable ? »
De CIA à ses potes de l’école de commerce, lors de son dernier anniversaire, dans son appartement.



Profession: Etudiant Edc La Défense. Dis comme ça, ça a l’air compliqué, mais en fait il est étudiant dans une école de commerce dans le quartier de la Défense.
« Mais oui Maman, bien sûr que je travaille bien… Oui… Oui… Mais évidemment… Oui c’est vraiment bien, ça me plaît beaucoup, mais maintenant il faut que je te laisse !... C’est ça ! Au revoir ! »
De CIA à sa mère, par téléphone, quelques jours après sa rentrée à Edc.



Bagage :


-type
Une valise Lancel en toile de polyester résistante, coloris noir, 40 x 55 x 20 cm, soit une contenance de 44 Litres. Avec deux roulettes sur le dessous, noires elles aussi, et une poignée rétractable pour pouvoir le tracter derrière soi. Un vrai petit bijou de bagage de luxe.
« Et fais-y attention hein, elle m’a coûté les yeux de la tête ! »
De Pascal, le père, à CIA, le fils, en parlant du bagage suscité, peu avant son départ pour la retraite.


-forme
Rectangulaire, la tirette se situe tout autour du couvercle et recouvre trois des quatre bords du bagage. Il y a également une poche sur le dessus de la valise pour mettre des choses fines auxquelles on peut accéder plus facilement, cela va de soi.


-contenu
En ce qui concerne les vêtements, CIA part du principe qu’il y aura de quoi laver le linge durant cette retraite, ce qui semble logique après tout : « Si déjà il ne nous demande d’emmener qu’une seule valise, c’est forcément qu’on pourra laver nos sapes ! »
De CIA à lui-même, en faisant sa valise avant de partir.

Il a donc prévu en conséquence les vêtements qu’il mettrait en dix jours, plus quelques suppléments en cas d’imprévu. Sa valise contient donc six hauts : un polo Guess noir rayé de jaune (que ces amis appellent le « polo abeille »), un t-shirt Esprit à col rond lui aussi rayé mais rouge et noir, un pull Versace Jeans Couture gris vair, un pull léger à large bandes grises et noires (oui, CIA adore les rayures) de marque Billabong, un autre pull brun Kenzo à motif jacquard blanc et violet, et enfin, une chemise blanche Giorgio Armani, coupe ajustée, boutons blanc nacré.
Pour les pantalons, il a emporté trois jeans : un bleu ciel Hugo Boss, un bleu foncé Dolce&Gabbana, et un noir Diesel. Avec ça, une paire de Vans à motif écossais bleu et des Converse basses rouge brique. Niveau accessoires, il s’est muni d’une cravate noire Boss, d’une ceinture Kenzo, d’un gilet chic acheté il ne sait plus où mais dans une grande boutique, et de ses lunettes Gucci.

« J’y peux rien si je kiffe les marques, c’est mon truc tu vois. Et puis aux Missions, c’était limite vital d’en avoir si tu voulais pas finir chez les paumés. Alors j’ai du m’adapter, et depuis c’est un truc qui est resté. »
De CIA à un camarade de classe en Terminale ES, à propos de son obsession des vêtements griffés.

Dans sa trousse de toilette, une brosse à dent bleue Sensodyne, ainsi qu’un dentifrice Colgate White Now, l’effet blancheur immédiat lui permettant de dissimuler ses dents, qui mêmes lavées n’arrivent pas à blanchir, cela étant du à la mauvaise qualité de leur émail. A part ça, une bouteille d’Eau Précieuse pour se nettoyer la peau, un rasoir électrique Philips, un after-shave Mennen à l’Aloe Vera, un déodorant Adidas efficacité 24h, et trois parfums : Fuel For Life de Diesel pour tous les jours, London de Burberry pour les soirées plus habillées et Light Blue de Dolce&Gabbana pour les grandes chaleurs et l’été (CIA adore aussi les parfums, vous vous en doutez bien…). Sans oublier un tube de crème de définition pour ses cheveux et des bandes de cire ainsi qu’un gel douche Axe, qui fait également shampooing.

Il a également pris avec lui son ordinateur portable, un Dell Inspiron 6000, sur lequel il a installé plusieurs traitements de textes et sa bibliothèque iTunes. Avec ça, dix paires de chaussettes blanches, grises, noires, certaines pleines de motifs (comme par exemple une paire grise constellée d’étoiles bleues, qu’il appelle ses chaussettes « tecktounik »), neuf boxers noirs, gris, blancs, bleus, rouges, orange et un jock strap blanc, qu’il aime bien porter pour faire du sport.

Lors du départ, il porte sur lui un t-shirt à manches longues bordeaux Esprit de Corp., un jean gris Mustang, une paire de Converse All-Star hautes bleu roi, un pendentif imitant les dog tags militaires et une veste à capuche Diesel. Dans sa poche, un iPod Nano 8 GB de dernière génération, de couleur bleue, sur lequel on trouve principalement des groupes de rock alternatif ou de rock indé voire de l’électro rock assez hype, le genre de truc que Tania Bruna Rosso vante toujours au Grand Journal de Denisot, des trucs branchouilles et bien cools, connus par pratiquement personne, parce que ça fait initié : Greenskeepers, Goldfrapp, MGMT, Juliette & The Licks, dEUS, Boys Noize, Ok Go, Les Savy Fav, Stylophonic, The Boggs,The Caesers, The Fratellis, The Gossip, The Hives, The Wombats, Tom Vek et autres Vitalic.



Physionomie:
CIA est un jeune homme assez grand, un peu moins d’un mètre quatre-vingt cinq, élancé, pas très large d’épaule mais finement musclé. Ses cheveux noirs sont érigés sur sa tête dans un effet coiffé/décoiffé qui lui prend tout de même facilement vingt minutes à faire. Certes, c’est un peu paradoxal de prendre du temps à se coiffer pour avoir un effet « saut du lit », mais que voulez-vous, CIA se soucie beaucoup de son apparence. En dehors de cela, il lui arrive quelque fois de ne pas prendre le temps d’arranger sa masse capillaire : il se retrouve alors avec une frange qui lui tombe juste au-dessus des yeux, qui lui donne plus une tête de surfeur qu’autre chose.

« Oh merde, Julie, tu connais ce pur beau gosse ?»
D'une jeune étudiante à l’une de ses amies, en montrant CIA du doigt.

Effectivement, si cette jeune fille semble totalement sous le choc en apercevant CIA, c’est tout simplement parce qu’il n’est pas désagréable à regarder. Un profil net, droit, sans fioriture, un front harmonieux qui donne un équilibre à son visage, des lèvres sculpturales et finement dessinées, des pommettes légèrement saillantes qui surplombent des joues légèrement creusées, recouvertes d’une barbe de trois jours qui lui donne un côté viril, masculin vraiment prononcé. Lorsque ses lunettes de soleil ne sont pas posées sur son nez, il arbore un regard brun foncé légèrement ambré très profond, expressif, devenant noir lorsque la colère le submerge. Il a une démarche un peu bourrue, ses bras bougent peu, ses genoux sont un peu arqués, mais rien de très choquant.


Dernière édition par CIA le Ven 4 Juil - 11:27, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: C.I.A ou l'histoire de la véritable bourgeoisie moderne / mort calciné   Ven 4 Juil - 1:55

[2/4]




Caractère:
Extrêmement sociable, CIA est un homme ouvert, qui aime prendre part à des conversations sur des sujets en tout genre. Bavard et fêtard, il adore rire et faire rire les autres, en se faisant souvent remarquer au passage. Il aime bien se faire remarquer. Il adore cette sensation qu’il a lorsque les gens le regardent et qu’il les marque. C’est un garçon assez sympathique, bon vivant, toujours prêt à organiser des soirées chez lui. Malgré cela, il ne se sent pas vraiment concerné par la vie des autres et peu de gens l’intéressent vraiment. Il apparaît ainsi comme une personne tout à fait agréable, mais dés qu’il n’a plus personne en face de lui, il se fiche totalement des autres humains qui l’entourent. Son apparence est primordiale pour lui, il y accorde beaucoup d’importance : il est clairement superficiel et se base beaucoup sur les apparences pour établir des jugements de valeurs sur des gens. Il n’est pas imbu de lui cependant, du moins pas en dehors de son écriture. Il n’est pas franchement du genre faux-derch, mais on ne peut pas dire non plus qu’il baigne dans la sincérité. Sûrement l’esprit des Missions…

Mais je me rends compte que j’ai déjà mentionné les Missions sans vraiment vous expliquer ce que c’était réellement. Les « Missions Africaines », dites les « Missions », diminutif trouvé par les élèves eux-mêmes, ce qui indique que ce n’était franchement pas difficile à trouver. C’est un collège dans la périphérie de la ville d’Haguenau en Alsace, sur la route qui mène à Marienthal, le village de CIA. Si je vous parle de cet endroit, c’est qu’il a eu une importance primordiale dans sa vie, et qu’avoir fréquenté ce collège a sûrement joué un rôle prépondérant dans la formation de son comportement actuel.

CIA a rejoint ce collège en 5ème, après que ses parents se soient rendu compte qu’ils étaient les seuls, avec deux autres couples, à envoyer leur enfant au collège Kléber, l’un des collèges publics d’Haguenau. Car Marienthal, repère des bourgeois et des friqués en tout genre, est régie par des lois tacites que tout le monde s’empresse d’appliquer à la lettre. Et l’une d’elle était d’envoyer leur enfant dans la « prestigieuse » institution des « Missions Africaines », centre scolaire le plus proche géographiquement de Marienthal. Mais je reviendrai plus en détail sur cette charmante bourgade dans la suite du texte.

Toujours est-il qu’après avoir changé d’établissement, CIA a retrouvé ses amis d’enfance, mais a surtout découvert que pour mille euro par an, et de gracieuses donations effectuées par les parents, on allait vous plonger directement dans le monde des adultes, et plus particulièrement, dans leur hypocrisie et leurs petits arrangements foireux. L’adolescence commençait à peine que l’argent de Papa et Maman allaient déjà corrompre les gosses. Car aux Missions, tout fonctionne selon un système de hiérarchie sociale bien précis : l’institution accueillant les sport-études, il existe un système social implicite qui décide de la place de chacun dans le collège : d’abord il y a les sport-études football, les plus populaires malgré leur QI dans la plupart des cas égal au nombre d’hexagone noir qui sont cousus sur les ballons qu’ils frappaient du pied à longueur de temps, puis il y a les sports-études ping-pong, généralement plus intelligents que leurs homologues footballeurs, mais qui étaient cependant loin d’avoir inventé le fil à couper le beurre, et enfin les sport-études basket, qui ne brillait pas franchement parmi les gens du collège. Les sports-études gymnastique sont un peu à part, car c’est un groupe de filles qui n’ont pas vraiment de souci d’intégration.

Le plan pour être populaire est simplissime sur le papier : être pote avec les sport-études foot. En pratique, pour un garçon, c’est se réduire à parler de foot toute la journée, à répondre aux profs en sachant pertinemment que Papa et Maman donne beaucoup trop d’argent à l’école pour que l’administration puisse engager des sanctions trop lourdes contre les élèves, à s’habiller en survêt’ Lacoste et en Nike Air Max et porter une sacoche Burberry (des vrais vous pensez bien, leurs parents étant bien loin d’être à la rue), à écouter du rap et en s’identifiant aux rappeurs gangsta man Westcoast VS Eastcoast ouech ouech tkt on gère en gros plan rpz, à demander à Papa et Maman un scooter pour aller chez son copain qui habite à trois cents mètres et bien sûr l'obtenir le lendemain, à penser que « On vit dans la téci du 6-7, on voit des voitures qui crament ou en crame aussi, on est parqués dans des HLM de merde, t’as vu ce que la France a fait de nous ? », entre autres. Pour une fille, ça se résume à être la plus grosse garce du collège, à se fringuer comme une pouffe et à adopter le comportement qui va de mise avec leurs fringues vulgaires et leurs p’tits strings achetés chez Etam que les pouffes arborent comme une fierté. Si vous ne remplissez pas ces conditions, dites adieu aux amis, au pseudo respect et à la protection lors des bastons.

Et puis il y a une caste un peu à part, celle des latinistes, qui ont un peu plus de niveau que les autres, mais qui du coup sont très souvent des paumés. Les latinistes se retrouvent donc eux aussi à devoir se lier d’amitié avec les sport-études les mieux classés possibles dans l’échelle de la superficialité. CIA, latiniste de son état, dû donc faire ami-ami avec les gorilles qu’étaient les sport-études foot (et encore, je pense que cette comparaison est vraiment dégueulasse pour les gorilles…). A cette époque, tout le monde devait suivre la mode, les marques imposaient leur suprématie dans les cours de récré, et par-dessus le marché, les élèves devaient faire face à des personnels d’encadrement, enseignant et administratif totalement tyranniques et à cheval sur une discipline qui comptait des règles strictes et contraignantes.

Et encore, une fois la popularité gagnée, il fallait faire fi des ragots, rumeurs, « parle-bêtes », et autres horreurs qui se disaient sur vous dans votre dos. Alors CIA fut faux-cul, comme tout le monde, ne s’attacha à pratiquement personne, comme tout le monde, suivit la mode à la lettre, comme tout le monde, se foutait de la gueule des paumés, comme tout le monde, se foutait de la gueule des gens plus populaires que lui, comme tout le monde, nouait des relations avec des gens uniquement parce qu’il en tirait un intérêt social et surtout pas pour le caractère de la personne qu’il avait en face de lui, comme tout le monde. A part ses quatre amis d’enfance, Raphaël, son meilleur ami et Pauline, la meilleure pote des sport-études foot qui malgré son statut était une personne exceptionnelle, CIA ne pouvait compter sur personne, ne pouvait faire confiance à aucun de ces camardes, ne pouvait se fier qu’à lui-même. Alors dans un tel contexte, difficile de s’occuper des autres et d’avoir de l’espoir quant au genre humain. Les Missions, c’étaient toutes les perversions et les saloperies des adultes pleins de pognons qu’on inculquait à des préadolescents.

« Ouais tu me fais chier ! J’vais te bomber !
(Quelques minutes plus tard) Je suis désolé, j’ai pas pu te frapper… »

D'un « ami » de CIA à CIA, aux Missions, avec qui il entretenait des rapports purement intéressés.



Ce qu’il fuit avec tant d'ardeur: Sans aucun doute l’hypocrisie totale de l’être humain, qu’il a également le plaisir de côtoyer dans son école de commerce, même si on est loin du petit collège alsacien complètement pourri dans tous les sens du terme.

«- Hey CIA, tu connais pas la nouvelle ? On a croisé Jacques en ville hier, et il était déguisé en drag queen ! On était morts de rire ! Nan mais franchement, la honte quoi, quelle tarlouze !
- Danny, il est derrière toi…
- Hey Jacques ! Comment ça va ? Tu connais pas la nouvelle ? Marion s’amuse comme une folle dans les toilettes avec Thomas, j’te jure ! »

De Danny, un camarde de classe de CIA, à CIA.
De CIA à Danny.
De Danny à Jacques, un autre camarde de classe de CIA.




Quel mot a-t-il laissé avant de tout quitter:
La veille du départ, CIA a organisé une dernière fête avec tous ses amis, mais cette fois dans son appart’ parisien, comme il aimait en faire au lycée, lorsqu’il a découvert, un autre monde, un monde où il y avait tellement d’élèves dans un établissement qu’il n’était plus question de considérations aussi futiles et stupides que la « popularité », et qu’il y avait plus de gens qui valaient le coup que ce qu’il ne pensait (ce qui ne l’a pas empêché de garder des comportements qu’il avait développé au collège). Car le truc qui le rendait fou de joie, c’est que les Missions ne faisaient pas lycée, et que l’établissement du secteur était un lycée public. Dans un autre contexte, il put ainsi organiser toutes les sauteries qu’il voulait tant que ses parents n’étaient pas là et garda cette habitude une fois en école de commerce à Paris. Cependant, tous ses potes ne trouvaient pas ça bien du tout, et la plupart tentèrent de le dissuader durant cette fête d'au revoir.

Il a également passé un coup de fil à chaque membre de sa famille pour les prévenir. Ses parents ont vu ça d’un drôle d’œil, car il devait stopper ses études, mais ce n’était pas ça qui allait empêcher CIA de rejoindre cette intrigante retraite au Paradis.
Cependant, il a laissé une attention toute particulière à son frère et à sa sœur, toujours en Alsace, et à qui il avait fait part de son projet littéraire. Il leur a envoyé un mot par la Poste, une feuille de papier à lettre bleu lavande qui traînait sur son bureau et qui a été la première chose qui lui passait sous la main. Sur cette feuille, il a griffonné : « Zola et Balzac vont chier dans leur froc ! »



Portrait familial:
Son père s’appelle Pascal, il est directeur financier dans une banque à Strasbourg. Assez grand, il garde les vestiges d’un corps musclé et athlétique que la quarantaine tardive a quelque peu altéré. Tout le monde dit que CIA lui ressemble beaucoup, et généralement, quand une personne qui connaît son père le croise, il a très souvent droit à un « Oh, mais vous êtes le fils de Pascal, non ? ».

Sa mère s’appelle Christelle, elle est dentiste dans un cabinet à Haguenau. Proche du mètre soixante-dix, elle qui n’était déjà pas grosse a perdu une dizaine de kilos suite à une dépression dans laquelle elle est toujours. Son corps ne fabrique pas une hormone, ce qui la soumet à des dépressions chroniques. Le seul moyen qu’elle aille mieux est de prendre un traitement médicamenteux qui la fait parler sans interruption.

Son petit frère, David, 18 ans, étudie l’histoire à Strasbourg, tandis que sa petite sœur, Marine, est en première scientifique à Haguenau. David est plus petit que CIA, châtain, les yeux gris. Marine a les cheveux bruns et la même couleur de pupille que son plus grand frère.

Niveau rapport familiaux, CIA aime beaucoup ses cadets. Ils ne sont plus trop ensemble depuis qu’il est parti étudier à Paris, mais malgré cela, il conserve avec eux un rapport de complicité, même si quelques fois, ils l’exaspèrent vraiment, notamment David. Avec ses parents, CIA a mis une distance avec eux dés son enfance. Et cette distance, ils n’ont pas réussi à la combler. Il ne leur dit pas grand-chose, il ne dialogue pas franchement quoi. CIA ne les déteste pas, loin de là, et peut parfois partager de bons moments avec eux, mais il y a toujours cette distance de sécurité invisible qu’il a installé autour de lui. Il fait ça avec à peu près tout le monde, sachant que, même si il refuse particulièrement de se l’avouer, il a peur des rapports humains trop illogiques et imprévisibles pour lui, qui aime tout maîtriser comme il le fait avec son apparence. Lui il ne souffre pas du tout de cet état de fait et s’en accommode très bien pourtant. Le fait que son père ne soit pas extrêmement présent y est peut-être aussi pour quelque chose, même si il est loin d’avoir été un père absent.

« Mais enfin ******, pourquoi tu ne nous dis jamais rien ? Tu n’arrêtes pas de tirer la gueule, j’veux dire, on aimerait savoir quand même ! Et pourquoi à l’école tu es tout à fait normal avec tes petits copains et copines, et qu’avec nous tu n'es pas comme ça ? Ta mère et moi on ne comprend plus pourquoi ce n’est pas comme chez nous à l’école ou l’inverse ! On ne sait plus quoi penser ! »
De Pascal à CIA, lors d'une dispute familiale.



Portrait que votre famille ferait de vous :
« Mon fils me dit absolument tout, il est formidable, un adorable garçon. On a une complicité pas possible ! L’autre jour il m’a raconté qu’un de ses amis s’est fait lâché par sa copine parce qu’il l’a trompée et qu’elle l’a su! Vous voyez que nous sommes vraiment très complices ! Mais bon, nous c’est pas comme ces parents irresponsables qui sont les amis de leurs enfants hein, moi c’est tout l’inverse, j’ai réussi à garder un rapport parent/enfant, c’est vraiment génial. »
Christelle à propos de CIA, juste après avoir pris son traitement.

« On a jamais vraiment compris pourquoi ****** était froid et inexpressif avec nous. Ce n’est pas qu’il ne nous aimait pas, enfin je ne crois pas, il n’avait juste rien à dire. Ca nous faisait de la peine à sa mère et moi, mais bon, nous étions déjà contents qu’il n’aille pas se droguer et se pinter avec ses amis. Mais c’est un bon garçon malgré tout, on ne pourra jamais lui en vouloir pour quoi que cela soit. C’est notre fils. »
Pascal à propos de CIA, de retour de son travail.

« - ****** ? Ouais c’est vraiment un frère cool !
- C’est vrai, il m’aidait en maths l’année dernière pour pas que je décroche avant la première scientifique !
- Ouais, et puis même, on passe de bons moments avec lui, il a toujours un mot pour faire rire ! On se cassait pas mal mais c’était toujours pour rire et ça passait comme une lettre à la poste !
- C’est vrai que des fois on s’engueule et on trouve chez lui des trucs qui nous pompent vraiment l’air, mais c’est vraiment un frère génial ! »

David et Marine, en train de jouer à Super Smash Bros Brawl.



Manie(s), tic(s), maladie(s), phobie(s), obsession(s), antécédent(s):
CIA ne supporte pas les poils : il s’épile partout sauf les bras et les jambes, qui ne sont pas très poilus. Il évite de le crier sur tous les toits pour ne pas trop passer pour le métrosexuel de service.
Il hausse souvent un sourcil involontairement lorsqu’il entend quelque chose qui l’intrigue.
Il a une jambe plus courte que l’autre, d’environ un centimètre, ce qui ne se remarque pas du tout à l’œil nu, mais qui lui donne des problèmes au dos.
Comme tous les écrivains, il craint grandement le syndrome de la page blanche.
Il est assez à cheval sur l’hygiène
Ses deux grands-parents paternels sont morts d’un cancer, son grand-père maternel a fait un AVC.

« Lors des fêtes il m’arrive de fumer. Et pas que des cigarettes. Mais bon, la beuh, j’évite, je me tape un bad trip un coup sur deux et ça me fait roupiller. La clope au moins, ça me fait juste un peu tourner la tête. L’ecsta’, la coke, l’héro, le crack, tout ça, ça me branche trop pas. J’aime pas perdre le contrôle. Sauf quand je suis bourré, parce que même si je suis à la masse, au moins je garde l’illusion que c’est moi qui contrôle tout. »
De CIA à une amie, durant une de ses fêtes, alors qu’il n’était pas encore trop alcoolisé.


Dernière édition par CIA le Ven 4 Juil - 11:26, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: C.I.A ou l'histoire de la véritable bourgeoisie moderne / mort calciné   Ven 4 Juil - 2:18

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Quel genre d'écrivain croit-il être: C’est là qu’on découvre une facette de CIA que peu de gens connaissent. Pour lui, il est tout simplement le nouveau grand auteur qui va marquer son siècle. Pas juste un petit prix Goncourt ou Pulitzer, non, il sera traduit dans toutes les langues possibles et imaginables, on l’étudiera dans tous les lycées et collèges de France, tout le monde s’inclinera devant son « putain de style » et ses textes seront tellement riches qu’aucun commentaire composé pourra tout décortiquer. Il va rendre obsolète, selon lui, tous les plus grands auteurs français : Hugo, Balzac, Stendhal, Malraux, Sartre, Voltaire, j’en passe et des meilleures, aucun ne sera plus jamais considéré comme il l’était avant. Il s’est découvert sa passion pour l’écriture au collège, lors des écritures d’inventions que les profs donnaient et auxquelles il avait toujours d’excellentes notes. Il a alors lu tous les auteurs dont il avait entendu parler et, quand il écrivait, il voyait que son style surpassait largement celui des soi-disant « grands auteurs ». Certes, il écrivait avec un bon style, mais tout de même, il était bien loin de ce qu’il prétendait dépasser. Mais peu lui importait, ses bonnes notes le confortaient dans cette idée. Il est donc sûr de devenir le plus grand écrivain de tous les temps, et d’être né avec le plus grand de tous les dons qui soit. Rien que ça.



Quel chef-d'œuvre compte-t-il écrire: Quoi de mieux, pour montrer que des auteurs ne sont pas si géniaux que ça, que de faire exactement la même chose qu’eux, mais en mieux. C’est exactement ce que compte faire CIA. Il compte faire sa Comédie humaine ou sa saga des Rougon-Macquart. Il va dépeindre tout un univers à travers les romans, et cet univers sera une représentation parfaite de la société contemporaine. Alors bien sûr, pendant son séjour au Paradis, il se doute bien qu’il n’aura pas le temps de dépeindre une fresque du monde moderne, alors il compte juste commencer le premier ouvrage qui posera les bases de sa saga, la première brique qui fera partie du mur, un premier chef-d’œuvre venu en annoncer beaucoup d’autres, un prophète venu guider les peuplades égarées dans les romans de gare pour leur montrer le chemin de la culture qu’il va leur dispenser.



Quel est son vœu le plus cher: Juste devenir la nouvelle rockstar de la littérature, dépasser les grands auteurs des siècles précédent, être étudié en lettres sup ou en Hypokhâgne. Encouragé par le système scolaire, pensant maîtriser son sujet et posséder une culture littéraire immense alors qu'elle ne dépassait pas le cadre des auteurs à connaître pour le BAC, CIA, s'est révélé être la perversion de ce qu'on enseigne de littéraire dans le secondaire.



Vers quoi ou vers qui s'oriente votre désir de vengeance: Dans son esprit, CIA n’a aucune raison de se venger. Du moins c’est ce qu’il pense. Au fond de lui, il veut montrer à tous les « sales petits merdeux des Missions » qu’il les a littéralement ridiculisés et humiliés grâce à son succès insolent et à sa brillante intelligence.



A-t-il un casier judiciaire: Il a passé une nuit au poste pour ivresse sur la voie publique et a fait un petit tour en cellule de dégrisement, alors qu’il sortait d’une boîte de nuit après une soirée un peu beaucoup trop arrosée. Mais à part ça, rien de bien méchant.



Orientation politique: Clairement de droite : il a de l’argent et il veut le conserver.



Orientation sexuelle: CIA est hétérosexuel, même si c’est un homme très ouvert et qu’il ne serait pas contre l’idée de coucher avec un autre homme. Il ne se sent pas bisexuel, mais disons que si l’occasion venait à venir, il ne saurait pas sûr de dire non. Il lui est déjà arrivé de rouler des patins à d’autres de ses amis lors des soirées TGV, il y a même une soirée passée chez une connaissance homosexuelle dont il n’a pas beaucoup de souvenirs et se demande même ce qui est réellement arrivé ce soir-là, même si il est sûr que quoi qu’il s’était passé, ça n’avait pas dépassé le stade des préliminaires. Il est donc à considérer avant tout comme hétéro, mais pourrait très bien s’engager dans un plan cul avec un homme, même si pour lui, une relation d’amour est totalement inenvisageable. En tout cas, il se garde bien d’en parler à qui que ce soit, sauf à Pauline, l’une de ses meilleures amies, ex miss pouffe number one des Missions, citée plus haut dans le texte.



Quel est son plat préféré: Ayant été habitué par ses parents à aller dans de restaurants gastronomiques dés son plus jeune âge, CIA a un goût particulier pour les mets fins et raffinés, subtils et recherchés, originaux et délicats. Ses papilles gustatives raffolent de saveurs typiques de ces restaurants qui coutent les yeux de la tête. Dans la masse de plats qu’il a adorés, il garde un très bon souvenir du tournedos Rossini avec ses frites de courgettes sur lit de champignons et topinambours.



Celui qu’il déteste: Le boudin aux pommes. Totalement rédhibitoire. Et puis le kangourou en sauce de la cantine, servi avec des salsifis, pour le faire vomir, il y a rien de mieux.



Quelles sont les raisons qui vous ont fait écrire ou vous feront écrire:
Plusieurs raisons ont poussé CIA à l’écriture. La première est de loin celle de vouloir décrire la société actuelle, ce qui sous-entendait décrire Marienthal, tout du moins pour décrire la classe bourgeoise de la population. Car si le nom ne paye pas de mine et fait plus penser à meuh meuh land qu’à un repère de riches, c’est pourtant bel et bien à un repère de riches qu'on a affaire. Tout le monde semble répondre aux mêmes règles, à la même hypocrisie qui se développe aux Missions. Justement, l’une de ses règles, c’est que tous les enfants de Marienthal doivent tous aller aux Missions. Un point c’est tout. C’est d’ailleurs la seule raison qui a poussé Pascal et Christelle à mettre leurs enfants dans le privé. Ils ont également été très surpris lorsque leurs voisins sont venus leur demander si tout allait bien financièrement. Etonnés, les parents avaient dit que oui, et ne voyaient pas du tout en quoi ils pouvaient penser cela. « Mais enfin, avaient répondu les voisins, vous n’avez toujours pas construit de piscine ! Vous êtes les derniers de Marienthal Nord ! »

De même, CIA a côtoyé différents spécimens tous plus étranges les uns que les autres aux Missions : une fille qui se faisait battre par son père, qui couchait avec tout le monde et qui a dû avorté trois fois, une grosse racaille qui a fini en pleurs dans les bras de Pauline pendant l’EPS (le ping-pong plus précisément) parce qu’il s’était pris un vent, trois pétasses qui se la pétaient parce qu’elles fumaient et sortaient en cachette pour le faire, des gens qui se battaient uniquement pour des rangs, des personnes qui regardaient tout le temps tout le monde travers et qui étouffaient les autres avec leurs jalousies. CIA se souvient d’un épisode marquant avec Pauline, qui était enviée de Cécile, une autre des miss putes des Missions qui voulait la place de numéro dans le cœur des sport-études foot. Mais malheureusement pour elle, c’était Pauline qui squattait le haut du classement. Elle était venue avec un chemisier blanc, et n’avait pas boutonné les deux boutons du haut. Voyant cela, Cécile s’était écriée lorsque Pauline était passée à son niveau : « Trop vulgaire la tepu ! ». Pauline avait alors ouvert tout son chemisier, exhibant sans vergogne son soutien-gorge à la garce qu’elle avait en face d’elle, et lui lança un trivial : « Même comme ça, je n’aurais jamais l’air aussi pétasse que toi. T’es vulgaire, je suis vulgaire et j’t’emmerde ! ». Ca avait fait plaisir à CIA de voir « cette bouffonne de Cécile se faire rabattre son claque-merde ! », et à partir de ce jour, il avait vraiment commencé à apprécier Pauline, et à voir derrière la pétasse, la fille adorable et intelligente qu’elle était, qui avait juste besoin d'affection et d'intégration.

A Marienthal, c’est un peu la même chose, sauf que cette fois, c’est entre voisins: M. Machin ne peut pas voir M. Bidule. Il va aller le dire à M. Chose, qui est bien d’accord avec lui, mais qui secrètement, ne l’aime pas non plus. Il va alors aller voir M. Trucmuche, pour lui dire tout le mal qu’il pense de M. Machin et M. Bidule. M. Trucmuche, ami de M. Bidule, va alors aller le voir, et lui raconter toutes les saloperies qu’ils ont dites sur son dos. Les deux hommes raconteront ainsi d’autres saloperies sur M. Machin et M. Bidule, et les répèteront à M. Truc, et ainsi de suite, jusqu’à ce que pratiquement tout le monde se déteste mutuellement et cordialement, tout en le sachant pertinemment et en faisant comme si rien n’était, en continuant d’inviter ceux qu’ils détestent pour le brunch du dimanche, ou en allant tous ensemble à la même marche pour discuter de la pluie et du beau temps.

C’est un véritable microcosme, une atmosphère toute particulière se dégage de ce lieu. Un peu comme un Wysteria Lane alsacien. Un vrai truc surréaliste, où on peut trouver des baraques de dingue, qui dépassent les 300m² alors que seulement un vieux couple qui n’a jamais eu d’enfants y vit, avec en plus des terrains et des jardins immenses, une débauche de voitures familiales ou luxueuses, des BMW, des Mercedes, des Porsche Cayenne et autres Ford Mustang. Il n’y a pourtant même pas de vrais commerces, seule une boulangerie alimente les gens de la ville, qui se retrouvent obligés de se déplacer sur Haguenau pour faire leurs courses. Les vieilles personnes qui s’installent paisiblement sur les bancs du ridicule (tout du moins en taille) parc municipal côtoient les gosses de riches qui se vautrent dans la débauche, totalement dépravés en plein milieu de la journée, les dealers qui se planquent sous le pont sont dépassés en voiture par les cadres dynamiques qu’on voit faire des allées et venues matin et soir, slalomant dans les rues étroites des quartiers résidentiels bobos dans lesquels ils vivent. Un des voisins de CIA avaient même du gazon anglais, une pelouse qu’il faut tailler au ciseau pour ne pas l’abîmer, et ne se gênait pas pour le montrer à tous. Chaque nouvelle acquisition mobilière était prétexte à inviter les occupants des maisons environnantes pour bien faire comprendre que l’argent coulait à flot.

Mais à part cela, les raisons qui l’ont poussé à écrire sont bien évidemment ses excellents notes en français, particulièrement sur les écrits d’invention, qui ne descendaient jamais en dessous de dix-sept. Son petit désir de vengeance doit sûrement beaucoup y être pour quelque chose, et ce même si CIA ne l’accepte pas du tout, tentant d’être crédible jusqu’au bout dans sa logique je-m’en-foutiste vis-à-vis des autres. Et puis, comme nous l’avons vu plus haut, il adore avoir tous les regards braqués sur lui. Ecrire un roman est l’occasion ou jamais de voir toute une foule vous regarder, vous admirer, capter chacune de vos paroles, s’enrichir de la science que vous leur apportez. Et puis, ce « don » chez CIA lui donne une sorte de conscience de partage, qui lui ordonne de faire partager son style grandiose à des gens qui n’ont pas eu la chance de naître avec son « talent ».


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MessageSujet: Re: C.I.A ou l'histoire de la véritable bourgeoisie moderne / mort calciné   Ven 4 Juil - 2:19

[4/4]




Croit-il en son inconscient: Eh bien pour lui, l’inconscient est surtout une bonne excuse qu’on invoque lorsqu’on a fait quelque chose qu’on regrette ou que l’on n’assume pas. Même si lui n’a pas franchement de problème existentiel à le mettre sur le tapis en cas de besoin…



Qui est son idole: CIA adore Louise Bourgoin, belle et spirituelle, pleine d’humour et de surprises. Il aime d’ailleurs aussi beaucoup Julien Doré, décalé et inspiré, créatif et original (et parce qu’il est fier d’avoir voté pour lui. Oui, CIA kiffe la Nouvelle Star). Pour lui, c’est un couple génial, grandiose, déluré et haut en couleurs, comme devrait être toutes les personnes dans ce monde, parce qu’en plus ils ne se prennent pas au sérieux.



De quoi a-t-il peur de manquer pendant ces trois mois: De rire, clairement.



Ce qui l’excite: Il a une préférence pour les sous-vêtements sexys. Il adore les brunes.



Quel rêve fait-il le plus souvent: Il boit de l’eau pétillante, et d’un coup, l’inspiration jaillit en lui comme un geyser, comme l’eau de source utilisée pour la boisson gazéifiée qu’il vient de s’enfiler. Et alors il écrit exactement tout ce qu’il voulait. Il devient alors célèbre, riche et tout le monde l’aime. Il est vénéré comme un dieu et toutes les personnes présentes sur cete planète s’accordent pour dire que c’est l’être le plus génial que la Terre ait jamais enfanté.



Quel cauchemar: Il boit une bouteille de Whisky. C’est un SDF, il est sale, il pue. Il utilise comme couverture des morceaux du manuscrit de son chef-d’œuvre, reliés par des bouts de scotch. Personne ne le voit, il fait partie du décor. Tous ces rêves sont partis en fumée, il a perdu ses illusions. Il boit une gorgée. La bouteille est vide.




Racontez moi enfin comment il m'a séduit dans l'arrière-salle du café, l'histoire qu’il m'a racontée,
et qui fait que je l’ai choisi parmi tant de candidats:

CIA resserra le nœud de sa cravate et s’avança vers l’homme qui se tenait assis dans son fauteuil roulant, juste devant lui. A côté de celui-ci une jeune femme rousse à la poitrine proéminente restait silencieuse. Elle avait vraiment l’air d’une prostituée avec son maquillage de voiture volée et les deux Grosse Bertha qui lui servaient de seins. Intrigué par ce spectacle peu conventionnel, comme il l’avait été par l’annonce, CIA s’avança et s’assit à la table du vieil homme, bien en face de lui. Pendant un instant, il eut l’impression de repasser les examens oraux qu’il avait dû traverser durant son existence. Il entama son discours, d’une voix forte et assurée :

« Cher Monsieur, si j’ai répondu présent à votre annonce, c’est parce que je suis réellement intéressé par votre projet. Et au-delà de ça, je pense que je mérite vraiment ma place dans cette retraite. Parce que je pense qu’elle n’est pas envisageable sans moi. Bon, dis comme ça, ça paraît prétentieux, mais franchement, j’écris trop bien quoi ! J’ai aucun écrit pour le prouver mais tenez ! »

Il posa sur la table une pochette bleue.

« Elle contient mon relevé de notes du BAC. J’ai eu un 19 à l’écrit, j’avais pris l’écriture d’invention ! Le sujet, c’était : « À sa parution, le texte de Hugo suscite un vif débat dans la presse. Vous écrivez alors un article polémique, dans lequel vous défendez ou, au contraire, attaquez sa conception selon laquelle la poésie doit employer tous les moyens expressifs qu'elle désire, sans se plier aux règles. » Vous voyez, je me souviens du sujet par cœur ! J’ai attaqué Hugo sur sa conception pourrie de la poésie, et je peux vous dire que vu ma note, mon correcteur a du prendre son pied ! Franchement, j’ai un super style, et j’peux vous dire qu’à côté de moi, Proust et Flaubert, c’est de la pure daube ! Je pense bien que vous devez vous demander qui je suis pour avancer un truc aussi dingue et arrogant, qui plus est sans donner de preuve tangible de ce que j’avance, mais bon sang, je vous jure que c’est mon kif, et en plus je suis doué. Pendant cette retraite, je vais écrire un putain de bouquin, un truc de ouf quoi, vraiment un roman d’apprentissage juste hallucinant, qui va réinventer tout le genre et qui va foutre aux oubliettes des navets comme Bel-Ami et Le Père Goriot ! C’est pareil pour mon oral, j’me suis tapé un 19 quoi, là encore ! Je suis tombé sur un extrait de W ou le souvenir d’enfance de George Perec, j’ai fait une analyse trop top quoi, abu, franchement, vous en seriez trop pas revenu ! Alors s’il vous plaît, donnez-moi une chance de vous montrer que je suis un auteur tout simplement génial, que bientôt c’est moi qu’on étudiera dans les classes préparatoires littéraires et que je serai juste un véritable magicien du mot, qui fera de chaque œuvre un chef-d’œuvre. Je vais sublimer même les choses les plus innommables dans ce monde. Comme disait Baudelaire : « Tu m’as donné de la boue, j’en ai fait de l’or ! »


Comment avez-vous connu Cachtíc?
Par une autre joueuse =P

J'accepte que mon personnage disparaisse au cours de l'aventure à quelque moment que ce soit si cela est nécessaire au déroulement de l'intrigue. Même si cela me désole vraiment T-T


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MessageSujet: Re: C.I.A ou l'histoire de la véritable bourgeoisie moderne / mort calciné   Ven 4 Juil - 11:03

soupir

Franchement, j’ai un super style, et j’peux vous dire qu’à côté de moi, Proust et Flaubert, c’est de la pure daube ! Cool


Je te savais dingue mais pas à ce point mon lapin, et encore moins masochiste, c'est très très vilain de cultiver mes penchants sadiques.

*Flaubert de la daube.. sans déconner, j'ai faillis faire un AVC moi aussi en lisant ça *

Je te prendrais donc à la lettre, mais je te demanderais pas de faire mieux que Zola et Balzac mais mieux que Flaubert, ça te compliqueras la tâche, c'est ton gage.
Cette peinture de la société moderne c'est un vieux rêve, cela fait bien longtemps que j'ai abandonné la littérature française incapable de pondre le moindre bijou sur la question, il est temps qu'on s'y attèle les français sont à la ramasse dans tous les domaines, sois leur rédempteur CIA Twisted Evil

Bien sur ce ne sont pas tes notes qui m'ont convaincues ni ta mémoire sur le sujet du BAC mais cette manière de me supplier sous tes airs prétentieux, ça j'ai adoré.
Mais je t'ai à l'oeil^^ Ta peinture sociale j'en veux et je t'assure que s'il faut t'attacher jour et nuit pour que tu la craches, je suis prêt à le faire.
Fallait pas insulter Flaubert non de Dieu !!

Fiche Validée
grand fou
et au boulot, je te conseille de t'y mettre dès ton arrivée sur le trottoir vu tes ambitions démesurées.
C'est bien ! le monde appartient aux idéalistes ambitieux.




Bienvenu Very Happy


PS: si tu pouvais par contre prendre une autre couleur que ce bleu qui m'arrache la rétine ce serait vraiment serviable mu
un petit détail, ton frère a 19 ans, comme toi, et c'est pas ton jumeau, vous avez combien d'écart... c'est louche... bois oui c'est vrai, un peu trop



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MessageSujet: Re: C.I.A ou l'histoire de la véritable bourgeoisie moderne / mort calciné   Ven 4 Juil - 11:12

NB c'est le cadeau que j'avais presque oublié, en échange de la découverte du slip-cul-nu:



LES CHÔMEURS DE MARIENTHAL

PRÉFACE DE PIERRE BOURDIEU à PAUL LAZARSFELD, MARIE JAHODA, HANS ZEISEL, LES ÉDITIONS DE MINUIT, 1981.






Par un paradoxe après tout fort satisfaisant, Les chômeurs de Marienthal, est sans doute, de toutes les œuvres de Paul Lazarsfeld, celle qui nous satisfait le plus aujourd'hui, alors qu'elle est indiscutablement celle qui le satisfaisait le moins. Non, comme le diraient certains, parce qu'elle traite d'un objet positivement noté et connoté et qu'elle s'inspire d'une intention déclarée de servir et, dans ce cas, la « bonne cause ». J'inclinerais à penser, au contraire, que les faiblesses les plus réelles de ce travail résident moins, comme il le croyait, dans l'imperfection et l'imprécision des mesures que dans l'incapacité de penser la science autrement que comme simple recollection, enregistrement, mesure de tout et de rien. Et dans la tendance à trouver la justification de cette activité scientifique incapable de se donner à elle-même sa fin, dans telle ou telle fonction assignée du dehors, ici le socialisme ou la lutte contre le chômage, ailleurs, au temps de l'exil américain, une autre forme de « demande sociale », ni plus ni moins inacceptable, qui impose à la recherche ses objectifs et surtout ses limites, conscientes ou inconscientes. Je pense par exemple à tous les effets qu'a pu exercer sur la relation d'enquête et sur l'observation même des pratiques le fait que les enquêteurs aient dû, pour approcher leur objet, se présenter comme des « travailleurs sociaux » et s'exposer à susciter ainsi ce qui apparaît aux dominés, instruits par l'expérience, comme la contrepartie obligée de toute action d'assistance ou de bienfaisance, c'est-à-dire la soumission plus ou moins affichée aux normes dominantes. Non, une fois encore, qu'il y ait là rien qui soit moralement « répréhensible » ou politiquement « suspect ». Et qu'il puisse exister, quoi qu'on fasse, une relation d'enquête pure, d'où tout effet d'imposition, voire de domination, soit absent. Mais oublier que l'enquête même est un rapport social qui tend inévitablement à structurer toutes les interactions, c'est se condamner à traiter comme un donné, un donné pur, tel que l'aiment tous les positivismes, ce qui est en fait un objet préconstruit, et selon des lois de construction que l'on ignore bien qu'on ait participé à leur action.

Mais, par une étrange revanche, l'absence quasi totale de construction consciente et cohérente qui voue le chercheur à la fuite compensatoire dans un effort frénétique de recollection exhaustive est sans doute responsable de ce qui fait la valeur la plus rare de cet ouvrage : l'expérience du chômage s'y exprime à l'état brut, dans sa vérité quasi métaphysique d'expérience de la déréliction. À travers les biographies ou les témoignages — je pense par exemple à ce chômeur qui, après avoir écrit cent trente lettres de demande d'emploi, toutes restées sans réponse, s'arrête, abandonnant sa recherche, comme vidé de toute énergie, de tout élan vers l'avenir —, à travers toutes les conduites que les enquêteurs décrivent comme « irrationnelles », qu'il s'agisse d'achats propres à déséquilibrer durablement leur budget ou, dans un autre ordre de l'abandon des journaux politiques et de la politique au profit des gazettes de faits divers (pourtant plus coûteuses) et du cinéma, ce qui se livre ou se trahit, c'est le sentiment de délaissement, de désespoir, voire d'absurdité, qui s'impose à l'ensemble de ces hommes soudain privés non pas seulement d'une activité et d'un salaire, mais d'une raison d'être sociale et ainsi renvoyés à la vérité nue de leur condition. Le retrait, la retraite, la résignation, l'indifférentisme politique (les Romains l'appelaient quies) ou la fuite dans l'imaginaire millénariste sont autant de manifestations, toutes aussi surprenantes pour l'attente du sursaut révolutionnaire, de ce terrible repos qui est celui de la mort sociale. Avec leur travail, les chômeurs ont perdu les mille riens dans lesquels se réalise et se manifeste concrètement la fonction socialement connue et reconnue, c'est-à-dire l'ensemble des fins posées à l'avance, en dehors de tout projet conscient, sous forme d'exigences et d'urgences — rendez-vous « importants », travaux à remettre, chèques à faire partir, devis à préparer —, et tout l'avenir déjà donné dans le présent immédiat, sous forme de délais, de dates et d'horaires à respecter — bus à prendre, cadences à tenir, travaux à finir. Privés de cet univers objectif d'incitations et d'indications qui orientent et stimulent l'action et, par là, toute la vie sociale, ils ne peuvent vivre le temps libre qui leur est laissé que comme temps mort, temps pour rien, vidé de son sens. Si le temps semble s'anéantir, c'est que le travail est le support, sinon le principe, de la plupart des intérêts, des attentes, des exigences, des espérances et des investissements dans le présent (et dans l'avenir ou le passé qu'il implique), bref un des fondements majeurs de l'illusio comme engagement dans le jeu de la vie, dans le présent, comme présence au jeu, donc au présent et à l'avenir, comme investissement primordial qui — toutes les sagesses l'ont toujours enseigné en identifiant l'arrachement au temps à l'arrachement au monde — fait le temps, est le temps même.

Exclus du jeu, las d'écrire au Père Noël, d'attendre Godot, de vivre dans ce non-temps où il n'arrive rien, où il ne se passe rien, où il n'y a rien à attendre, ces hommes dépossédés de l'illusion vitale d'avoir une fonction ou une mission, d'avoir à être ou à faire quelque chose, peuvent, pour se sentir exister, pour tuer le non-temps, avoir recours à des activités qui, comme le tiercé, le totocalcio et tous les jeux de hasard qui se jouent dans tous les bidonvilles et toutes les favelas du monde, permettent de réintroduire pour un moment, jusqu'à la fin de la partie ou jusqu'au dimanche soir, l'attente, c'est-à-dire le temps finalisé, qui est par soi source de satisfaction. Et pour essayer de s'arracher au sentiment, qu'exprimaient si bien les sous-prolétaires algériens, d'être le jouet de forces extérieures (« je suis comme une épluchure sur l'eau »), pour tenter de rompre avec la soumission fataliste aux forces du monde, ils peuvent aussi, surtout les plus jeunes, chercher dans des actes de violence qui valent en eux-mêmes plus — ou autant que par les profits qu'ils procurent, un moyen désespéré de se rendre « intéressants », d'exister devant les autres, pour les autres, d'accéder en un mot à une forme reconnue d'existence sociale. Professionnels de l'interprétation, socialement mandatés pour donner sens, rendre raison, mettre de l'ordre, les sociologues, surtout lorsqu'ils sont les adeptes conscients ou inconscients d'une philosophie apocalyptique de l'histoire, attentive aux ruptures et aux transformations décisives, ne sont pas les mieux placés pour comprendre ce désordre pour rien, sinon pour le plaisir, ces actions faites pour qu'il se passe quelque chose, pour faire quelque chose plutôt que rien quand il n'y a rien à faire, pour réaffirmer de façon dramatique — et rituelle — qu'on peut faire quelque chose, s'agirait-il de l'action réduite à l'infraction, à la transgression, donc assurée de « faire sensation » en tout cas, dans l'échec comme dans la réussite.

Peut-être y a-t-il, quoi qu'en dise Marx, une philosophie de la misère, qui est plus proche de la désolation des vieillards clochardisés et clownesques de Beckett que de l'optimisme volontariste traditionnellement associé à la pensée progressiste. Et ce n'est pas le moindre mérite de l'enregistrement positiviste que de nous laisser entendre, mieux que les clameurs indignées ou les analyses raisonneuses et rationalisatrices, I'immense silence des chômeurs et le désespoir qu'il exprime.


mu

EDIt: et merci pour les modifs, je clos Wink

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MessageSujet: Re: C.I.A ou l'histoire de la véritable bourgeoisie moderne / mort calciné   Lun 13 Avr - 15:03

RIP



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